Jour 8: des excuses de Trudeau et des réponses tièdes à Legault

OTTAWA — Le chef libéral Justin Trudeau s’est excusé pour une photo dans un album de fin d’année le montrant avec le visage couvert d’un maquillage «brun» lors d’une soirée costumée en 2001.

En mêlée de presse en Nouvelle-Écosse, mercredi soir, M. Trudeau a parlé d’une erreur à l’époque, et a dit qu’il aurait dû agir autrement.

Le magazine «Time» a dévoilé la photo qui, selon le média, a été publiée dans l’album de la West Point Grey Academy, une école privée de Vancouver, où Justin Trudeau a travaillé comme enseignant avant de se lancer en politique.

L’article parle d’un événement de gala sur le thème des «Mille et une nuits». La photo montre M. Trudeau vêtu d’un turban et d’une robe, avec un maquillage sombre sur les mains, le visage et le cou.

Réponses tièdes à Legault

Les demandes de Québec aux chefs des partis fédéraux en campagne ont été accueillies avec prudence et retenue par Justin Trudeau et Andrew Scheer.

Mercredi matin à Hamilton, le chef conservateur n’était pas prêt à s’engager sur les demandes du Québec en matière d’immigration.

Devant la réclamation de Québec pour un plus grand contrôle de la province sur le système d’immigration, M. Scheer a préféré rester évasif.

«Nous avons toujours dit que nous sommes ouverts à travailler avec le gouvernement du Québec pour donner plus d’autonomie du système d’immigration, s’assurer que le système puisse répondre aux besoins de la province du Québec», a-t-il dit en se contentant de promettre d’étudier la possibilité de faire disparaître la duplication des démarches administratives pour les travailleurs étrangers temporaires.

Il n’a rien dit du fait que Québec veut décider du nombre de réfugiés et du nombre d’immigrants acceptés pour réunification familiale dans la province.

Justin Trudeau, à Fredericton, a offert quelque chose d’encore moins précis en réponse à l’ensemble des demandes du premier ministre François Legault.

«Nous prenons toujours très au sérieux les demandes de tout premier ministre provincial, y compris de M. Legault. Et on va travailler avec lui pour trouver des façons d’aider les Québécois, d’aider les Canadiens, de façon responsable», s’est-il borné à dire avant de se lancer dans une attaque en règle contre les premiers ministres provinciaux conservateurs qui résistent à sa taxe sur le carbone.

Promesses du jour

M. Trudeau promettait mercredi d’augmenter les prestations de sécurité de la vieillesse de 10 pour cent après l’âge de 75 ans et de hausser de 25 pour cent la prestation de survivant du Régime de pension du Canada et du Régime de rentes du Québec.

Le chef conservateur était à Hamilton pour exposer que son éventuel gouvernement trouverait des économies — 1,5 milliard $ par an — en éliminant des subventions à des entreprises qui n’ont pas besoin de l’aide fédérale.

À Sudbury, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) avait choisi le décor d’une clinique dentaire pour rappeler la promesse de son parti de couvrir les frais du dentiste grâce à une assurance mise en place par un gouvernement fédéral néo-démocrate.

«On a un plan, le premier pas, pour s’assurer qu’on a des soins dentaires (gratuits)», a déclaré Jagmeet Singh. «C’est le premier pas vers un système universel», a-t-il promis.

Dans un premier temps, le NPD propose la gratuité aux citoyens qui n’ont pas d’assurance dentaire et qui ont un revenu inférieur à 70 000 $. Les Canadiens qui gagnent entre 70 000 $ et 90 000 $ verraient une partie de leurs soins dentaires remboursée. 

M. Singh a calculé, avec l’aide du Directeur parlementaire du budget (DPB), qu’un programme national d’assurance dentaire coûterait 860 millions $ par année aux coffres fédéraux.

Le chef du Bloc québécois, lui, est passé en Montérégie pour proposer son plan d’interdiction complète, bien que progressive, des pesticides tueurs d’abeilles.

Yves-François Blanchet, s’il est élu, présenterait aux Communes un plan de retrait d’ici quatre ans des pesticides néonicotinoïdes, assorti d’un fonds de 300 millions $ pour la recherche et la transition pour les producteurs agricoles.

«Pour nous, le mot vert, ce n’est pas une marque. C’est un engagement environnemental», a lancé M. Blanchet debout dans le champ d’une ferme biologique. 

Un pipeline imposé?

Et puis, le chef conservateur a une fois de plus refusé d’exclure l’imposition d’un éventuel projet de pipeline au Québec. M. Scheer a répété que certaines choses sont de compétence fédérale. Il a également vanté à nouveau son projet de corridor énergétique qui, il en est certain, ferait l’affaire des Québécois.

«J’ai proposé une idée, une proposition, le corridor énergétique qui va créer une situation gagnant-gagnant avec le gouvernement du Québec», a-t-il rappelé. «Je sais que (…) les Québécois préfèrent acheter le pétrole canadien au lieu du pétrole des États-Unis ou d’Algérie. Et aussi, les gens du Québec savent très très bien que c’est préférable de transporter le pétrole par oléoduc (plutôt que) par les chemins de fer», a-t-il argué. 

«Selon nous, il y a une compétence du Québec. Puis, en plus, il y a une question de politique, de légitimité, et on sait que les Québécois sont contre cet oléoduc», a protesté M. Legault à Québec lorsqu’on lui a parlé du «corridor énergétique» des conservateurs.

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