Jour 9: Les chefs politiques tous unis en vue de maintenir la gestion de l’offre

QUÉBEC — Les chefs politiques ont affiché un front uni, vendredi matin, pour défendre le système de gestion de l’offre, menacé par les négociations menées actuellement entre le Canada et les États-Unis autour de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

À Longueuil, alors que les pourparlers semblaient être dans le dernier droit, ils ont exhorté les négociateurs canadiens à ne pas céder un centimètre aux Américains.

C’est tout le modèle québécois de production d’oeufs, de volaille et de lait, qui est en cause durant ces tractations, ce qui rend très nerveux les producteurs.

Le chef libéral et premier ministre, Philippe Couillard, le chef péquiste, Jean-François Lisée, et la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, ont donc convergé vers le siège social de l’Union des producteurs agricoles (UPA), vendredi matin, jour de l’ultimatum fixé par le président américain Donald Trump pour conclure une entente.

Quant au leader de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, il brillait par son absence, se trouvant plutôt à Saguenay à promettre une connexion internet haute vitesse et une couverture cellulaire large bande sur l’ensemble du territoire québécois pour 2022, un engagement dont il avait déjà parlé deux jours auparavant, et à se défendre des flèches que ses rivaux n’ont pas manqué de lui décocher.

M. Legault, qui avait dépêché sa porte-parole en matière d’agriculture, Sylvie D’Amours, pour le représenter à Longueuil, s’est empressé de professer son soutien au système de gestion de l’offre après s’être entretenu au téléphone avec le dirigeant de l’UPA, Marcel Groleau.

Cette nouvelle controverse n’était pas la première déconvenue que François Legault essuyait cette semaine, lui qui a dû encaisser coup sur coup le départ du président de son parti, Stéphane Le Bouyonnec, et les révélations sur le prêt de 55 000 $ contracté par son «shérif éthique», Éric Caire.

Pas étonnant que le chef caquiste ait annoncé qu’il prendrait une journée de congé samedi, même s’il a assuré que cette décision n’avait rien à voir avec les événements des derniers jours, qu’il était en pleine forme et que tout allait pour le mieux dans la caravane de la CAQ.

Caire et Bourdon

Le caquiste Éric Caire et la libérale Gertrude Bourdon ont, une fois de plus, retenu l’attention en ce neuvième jour de campagne.

De passage à Sherbrooke pour annoncer son engagement à bonifier l’aide aux familles avec un enfant handicapé vendredi, le chef libéral, Philippe Couillard, a été bombardé de questions au sujet de la déclaration de son député Gaétan Barrette, qui avait suggéré jeudi que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) fasse la lumière sur le prêt de 55 000 $ accordé l’an dernier à M. Caire par le maire d’une municipalité de sa circonscription.

Irrité, M. Couillard a refusé de commenter et d’endosser la sortie de M. Barrette, comme il l’avait fait plus tôt dans la campagne avec ses candidates Marwah Rizqy et Christine St-Pierre lorsqu’elles avaient reproché au leader de la CAQ, François Legault, d’être «sexiste» et de pratiquer un «féminisme de façade».

Il s’est également défendu de demander à certains de ses candidats d’aller critiquer les autres partis ou ses adversaires sur la place publique.

Le chef libéral a par ailleurs réitéré sa confiance à l’endroit de sa recrue Gertrude Bourdon, et ce, en dépit d’un rapport du Conseil du trésor consulté par le «Journal de Montréal» indiquant que le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec avait fractionné des contrats pour en faciliter l’octroi à une entreprise spécifique alors qu’il était sous la gouverne de Mme Bourdon.

Même si le rapport affirme que la procédure du CHU pour les appels d’offres n’était pas «conforme au cadre normatif en gestion contractuelle», Philippe Couillard a martelé que «toutes les règles» avaient été suivies.

Son adversaire péquiste, Jean-François Lisée, n’était pas de cet avis, affirmant que celle pressentie par le leader libéral pour être sa future ministre de la Santé était, au contraire, «prête à contourner les règles pour arriver à ses fins».

M. Lisée, qui n’a pas fait d’annonce électorale vendredi, a aussi soutenu qu’il fallait aller au fond des choses dans «l’affaire Caire», évoquant l’UPAC et la Commissaire à l’éthique et à la déontologie.

Le leader de la CAQ, François Legault, estime que M. Caire a fait une «erreur», mais qu’il peut rester au sein du parti.

Lafrenière menacé

Éric Caire n’est pas le seul caquiste à avoir défrayé la manchette vendredi.

Ian Lafrenière, l’ancien porte-parole du Service de police de Montréal (SPVM) et candidat de la CAQ dans la circonscription de Vachon, a aussi fait parler de lui après avoir été visé par une campagne d’affichage menaçante.

Des affiches à l’allure de pancartes électorales montrant un graffiti de M. Lafrenière avec une balle dans la tête ont en effet été accrochées il y a quelques jours au cégep de Saint-Jérôme.

Même si les affiches ont été rapidement retirées par l’établissement collégial, le chef caquiste, François Legault, a révélé vendredi qu’il évaluerait la nécessité d’offrir une protection policière à son candidat.

L’auteur du graffiti, qui avait été aperçu pour la première fois en mars 2013, n’a jamais été identifié. Une jeune femme qui avait publié le dessin sur le web a toutefois été reconnue coupable de harcèlement criminel en avril 2015.

 Ian Lafrenière a pour sa part déclaré qu’il ne se laisserait pas «distraire par ça».

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