Jour 9: Les soins de santé au programme

Ce que vous devez savoir de la neuvième journée de la campagne électorale fédérale.

OTTAWA — Au neuvième jour de la campagne électorale, les chefs libéral et conservateur se sont risqués à parler de soins de santé, sujet miné pour les deux hommes.

Justin Trudeau a fait une autre promesse du genre qui fait d’habitude sursauter Québec; Erin O’Toole a eu de la difficulté à présenter clairement sa position sur la privatisation de services en santé.

M. Trudeau qui, la semaine dernière, offrait 6 milliards $ supplémentaires aux provinces à condition qu’elles améliorent les services dans les CHSLD, veut maintenant leur donner de l’argent à condition qu’elles embauchent des médecins de famille.

À Halifax, lundi matin, M. Trudeau a promis 3 milliards $ pour l’embauche de 7500 médecins de famille et infirmières praticiennes. Il a également promis 6 milliards $ pour éliminer les listes d’attente pour des services de santé.

Les provinces réclament à hauts cris depuis des mois une augmentation des transferts en santé pour qu’Ottawa paye 35 % de la facture. Les soins de santé étant de compétence provinciale, les provinces estiment qu’Ottawa n’a pas à leur dicter comment dépenser leur argent.

«On a besoin d’être là en tant que gouvernement fédéral pour assurer ces améliorations et on va travailler en partenaire avec les provinces et territoires sur leurs priorités parce que nous voulons tous que les Canadiens aient un meilleur système de santé à travers le pays», s’est justifié M. Trudeau.

À Trois-Rivières, le chef du Bloc québécois n’a bien sûr pas tardé à réagir.

«Prenez la part du Québec de la somme que vous voulez investir et envoyez-la à Québec. Québec gérera fort bien, avec compétence et dans le meilleur intérêt des Québécois, les enjeux d’embauche dans le système de santé», a conseillé Yves-François Blanchet à son adversaire libéral.

À Ottawa, le chef conservateur a également critiqué la promesse libérale, en répétant que lui, il respectera «toujours» les champs de compétence des provinces.

À Montréal, le chef néo-démocrate était plutôt du même avis que M. Trudeau.

«Quand on parle avec les gens, ils ne s’occupent pas (…) des compétences. Ils veulent voir des résultats», de l’avis de Jagmeet Singh.

Le parti de M. Singh a tenu cependant à rappeler, par communiqué, que M. Trudeau avait déjà fait cette même promesse d’un meilleur accès à un médecin de famille, en 2019.

Déjà une tournée du pays

M. Trudeau a terminé la journée avec un rassemblement sous la pluie à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, en compagnie de ses candidats Seamus O’Regan et Joanne Thompson.

Le chef du Parti libéral complétait lundi sa tournée des provinces de l’Atlantique; il peut ainsi se targuer d’avoir visité les 10 provinces canadiennes depuis le début de la campagne électorale.

Dès mardi, l’équipe de tournée libérale sera dans le sud de l’Ontario. M. Trudeau participera également à une rencontre virtuelle du G7 sur la situation en Afghanistan.

«Média manipulé»

Les libéraux étaient aussi dans l’eau chaude, à cause d’un gazouillis publié par la ministre des Finances, Chrystia Freeland, dimanche. Twitter y a accolé l’étiquette «média manipulé». On y entend, grâce à un montage, le chef conservateur Erin O’Toole dire que «oui», il envisagerait la privatisation du système de santé. La réponse complète de M. O’Toole était beaucoup plus nuancée.

Les conservateurs ont donc porté plainte chez le Commissaire aux élections fédérales. M. Trudeau s’est défendu en disant que le lien vers la déclaration complète de M. O’Toole était inclus dans la publication de Mme Freeland sur Twitter.

Et puis, le chef libéral a maintenu que les conservateurs ont «clairement» l’intention de favoriser un système de santé à deux vitesses au Canada.

En point de presse à Ottawa, M. O’Toole n’a pas réussi à dissiper ce soupçon.

En répétant son mantra de «partenaire plutôt que paternaliste», M. O’Toole a plutôt laissé entendre que les provinces pourraient privatiser plus de services en santé s’il devenait premier ministre du Canada.

«Je respecte les provinces; les soins de santé sont de leur compétence», a répondu le chef du Parti conservateur à un journaliste qui lui demandait quelles privatisations il appuierait dans le système de santé canadien.

«J’appuie à 100 % notre système de santé public et universel», a-t-il cependant dit, du même souffle.

Changements climatiques

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) était à Montréal lundi matin pour s’en prendre à son adversaire libéral qui, selon lui, n’a pas livré sur ses promesses de lutte aux changements climatiques.

Jagmeet Singh a rappelé la présence de Justin Trudeau à la marche pour le climat dans les rues montréalaises en 2019.

«Or, durant le mandat de Justin Trudeau, les subventions aux énergies fossiles ont été en moyenne 900 millions $ plus élevées que durant les années au pouvoir des conservateurs. C’est sans compter les 18 milliards $ investis dans l’oléoduc Trans Mountain», a dénoncé un communiqué publié par le NPD lundi matin.

«C’est fou ça!», a lancé M. Singh aux micros des journalistes.

M. Trudeau a terminé la journée avec un rassemblement sous la pluie à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, en compagnie de ses candidats Seamus O’Regan et Joanne Thompson. Le chef du Parti libéral complétait lundi sa tournée des provinces de l’Atlantique; il peut ainsi se targuer d’avoir visité les 10 provinces canadiennes depuis le début de la campagne électorale. Dès mardi, l’équipe de tournée libérale sera dans le sud de l’Ontario. M. Trudeau participera également à une rencontre virtuelle du G7 sur la situation en Afghanistan.

Courtiser les jeunes électeurs?

Le Bloc québécois ne prévoit pas faire d’efforts particuliers pour aller à la rencontre des jeunes.

Son chef, Yves-François Blanchet, s’est fait poser la question lundi à savoir s’il espérait un rapprochement avec les jeunes, lors d’un point de presse dans l’Est de Montréal.

Depuis le début de la campagne électorale, plusieurs personnes ont demandé à se faire prendre en photo avec M. Blanchet, la plupart des gens d’un certain âge.

M. Blanchet croit néanmoins que les jeunes «qui n’ont pas connu la Révolution tranquille, qui n’ont pas connu les racines du nationalisme québécois» se reconnaîtront dans les propositions environnementales de son parti.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.