Journée de grève le 9 septembre dans plusieurs hôtels au Québec

MONTRÉAL – Un nombre indéterminé d’hôtels dont les travailleurs sont syndiqués à la CSN seront touchés par une journée de grève, le 9 septembre, tenue dans le but d’accroître la pression sur leur employeur respectif dans le cadre de la négociation pour le renouvellement des conventions collectives.

À ce jour, neuf syndicats se sont dotés d’un mandat de grève de 72 heures dans les régions de Québec et de Montréal, alors qu’un autre s’est doté d’un mandat de grève générale illimitée à Sherbrooke.

D’autres assemblées générales de syndiqués sont prévues au cours des prochains jours, principalement dans la région de Montréal. Le nombre de mandats de grève pourrait donc croître, a indiqué au cours d’une entrevue jeudi Michel Valiquette, responsable de cette négociation coordonnée dans l’hôtellerie à la Fédération du commerce de la CSN.

Il n’est toutefois pas acquis que les 10 hôtels qui ont déjà un mandat de grève en poche seront nécessairement ceux qui seront touchés par la journée de débrayage, le 9 septembre. Chaque syndicat est en effet autonome et il lui appartient de décider s’il participe à la grève cette journée-là, a-t-il précisé.

Dans la région de Montréal, les hôtels qui sont déjà touchés par un mandat de grève de 72 heures sont le Marriott Château Champlain, l’Hôtel des gouverneurs Place Dupuis, le Hilton Laval, le Quality Suites de Pointe-Claire et l’Hôtel Bonaventure.

À Québec, il s’agit des hôtels suivants: Hilton Québec, Delta Québec, Hôtel Pur Québec et Hôtel classique. Les syndiqués du Delta de Québec ont même déjà entamé leur mandat de 72 heures en prolongeant leurs pauses ou leur heure de lunch, a indiqué M. Valiquette.

À Sherbrooke, ce sont les syndiqués de l’hôtel Quality qui se sont déjà dotés d’un mandat de grève générale illimitée.

M. Valiquette estime que le rapport de forces des syndiqués s’est accru, en septembre, puisqu’il vise maintenant une clientèle d’affaires et de congressistes plutôt qu’une clientèle touristique.

«On ne se le cache pas: notre rapport de forces s’accentue dans le mois de septembre, parce que c’est une clientèle beaucoup plus exigeante par rapport aux services qu’elle reçoit et beaucoup plus payante aussi pour les employeurs. On mise là-dessus pour faire avancer nos tables de négociation», a admis M. Valiquette.

Les syndiqués ont formulé quatre demandes, portant sur les salaires, les indemnités de vacances, les compensations en cas de pertes d’emplois pour cause de changement technologique ou de fermeture de département.

Ils se disent prêts à signer un contrat de travail de quatre ans, mais à condition que l’augmentation de salaire soit plus élevée pour la quatrième année. Ils revendiquent donc trois augmentations successives de 4 pour cent, suivie d’une de 5 pour cent.

Ils justifient leur demande de hausses salariales par le fait que l’industrie touristique a connu une saison exceptionnelle.

En cas de grève, les services seront assurés par le personnel cadre.

De son côté, l’Association des hôtels du Grand Montréal a dit garder tout de même espoir pour l’issue de la négociation. Eve Paré, présidente-directrice générale de l’association, a rappelé que cette éventuelle grève n’aurait lieu que la semaine prochaine, «ce qui nous donne encore neuf jours pour laisser cours à la négociation».

Et cette négociation «se poursuit; les gens se parlent», a-t-elle pris soin de souligner.

Il reste que ces mandats de grève, «c’est sûr que c’est une façon de mettre de la pression» sur les employeurs, a-t-elle concédé. «C’est sûr que c’est un bras-de-fer entre le syndicat et la partie patronale. Et on espère qu’ils vont en arriver à une entente le plus rapidement possible», a-t-elle conclu.

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