Juge à la Cour suprême: Terre-Neuve-et-Labrador croit que son temps est venu

FREDERICTON – Des responsables à Terre-Neuve-et-Labrador font pression pour que le prochain juge nommé à la Cour suprême du Canada vienne de leur province, mais des experts du droit estiment que le gouvernement fédéral privilégiera probablement l’appartenance culturelle ou la langue plutôt que la situation géographique.

Le juge Thomas Cromwell, de la Nouvelle-Écosse, prendra sa retraite en septembre, et il est généralement convenu que son remplaçant sera originaire des provinces de l’Atlantique.

Traditionnellement, le plus haut tribunal du pays compte trois membres du Québec, trois de l’Ontario, un de la Colombie-Britannique, un de l’Ouest canadien et un des provinces maritimes, mais jamais un membre n’est venu de Terre-Neuve-et-Labrador.

La présidente du Barreau de Terre-Neuve-et-Labrador, Susan LeDrew, a voulu se réapproprier la formule utilisée par le premier ministre Justin Trudeau sur la parité au conseil des ministres, disant que le prochain juge devrait venir de la province parce que «nous sommes en 2016».

Mme LeDrew a aussi dit qu’il serait bon de désigner une personne n’étant pas établie dans une région métropolitaine.

Le ministre provincial de la Justice, Andrew Parsons, a écrit une lettre au gouvernement fédéral pour faire valoir que le temps était venu de voir Terre-Neuve-et-Labrador représentée au plus haut tribunal.

Mais Adam Dodek, professeur de droit à l’Université d’Ottawa, a affirmé que le gouvernement fédéral devait prendre en considération bien plus que la position de Terre-Neuve-et-Labrador, notamment l’expérience, les compétences linguistiques et le sexe des candidats potentiels.

M. Dodek a souligné également qu’il n’y avait jamais eu de juge autochtone à la Cour suprême du Canada.