Juristes de l’État: contre-proposition à venir et appel pressant de Couillard

MONTRÉAL – Après le dépôt d’une offre finale par le Conseil du trésor jeudi soir et un appel pressant du premier ministre Philippe Couillard vendredi, les juristes de l’État ont fait savoir en début de soirée qu’ils entendaient déposer une contre-proposition pour tenter de résoudre leur conflit.

Les quelque 1100 avocats et notaires de l’État à l’emploi de différents ministères et organismes gouvernementaux sont en grève depuis le 24 octobre dernier, soit depuis quatre mois. Et leur fonds de grève est épuisé depuis quelque temps.

Jeudi soir, le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, avait déposé au syndicat Les Avocats et notaires de l’État québécois une offre finale.

Le bureau du ministre Moreau a confirmé vendredi soir que les négociateurs du gouvernement rencontreraient les représentants syndicaux, samedi, à Montréal.

De passage à Montréal, vendredi, alors qu’il prenait la parole devant le Regroupement des jeunes Chambres de commerce du Québec, le premier ministre a invité les avocats et notaires à étudier sérieusement l’offre finale du gouvernement.

«Je ne comprends pas pourquoi ils se sont tenus éloignés du travail si longtemps. Depuis longtemps déjà, on a sur la table une offre monétaire qui est — on peut discuter sur des détails — proche ou identique, en termes de dollars, à ce qu’obtiennent les procureurs de la Couronne», a soutenu le premier ministre Couillard.

Les avocats et notaires de l’État québécois revendiquent depuis le début le même traitement que leurs pairs procureurs aux poursuites criminelles et pénales. Et ils martèlent que les offres que leur a faites Québec à ce jour sont loin d’équivaloir à celles qu’ont eues les procureurs de la Couronne.

Vendredi en début de soirée, les avocats et notaires ont fait savoir par voie de communiqué qu’ils n’acceptaient pas l’«ultimatum» de Québec et qu’ils entendaient plutôt déposer une contre-proposition.

«Nous refusons de nous soumettre à un ultimatum. Nous espérons que le gouvernement examinera sérieusement notre contre-proposition. Le contraire serait agir de mauvaise foi», a commenté le président de LANEQ, Me Jean Denis, dans un communiqué.

Quant à leur principale revendication, qui est celle d’obtenir une reconnaissance de leur autonomie professionnelle, de leur statut d’avocat, le premier ministre Couillard se dit ouvert à en discuter, mais à moyen terme seulement.

«On est prêt à avoir une discussion sur la question de leur statut, mais pas en cinq minutes. Ça va se prendre sur quelques mois. On veut mettre sur pied un groupe de travail là-dessus», a justifié M. Couillard.

Le premier ministre s’est fait pressant. «Je crois qu’il serait tout à fait raisonnable pour eux, pour elles, maintenant, de dire: ‘ok, on a obtenu des gains financiers, revenons au travail, retrouvons notre rémunération pour nos familles et allons de l’avant’.»

Le président de LANEQ, quant à lui, a précisé vendredi soir qu’il présenterait sa contre-proposition «dès que possible lorsque finalisée». Il n’a pas voulu en dire davantage.

Interrogé sur l’éventualité d’une loi spéciale pour forcer leur retour au travail, s’ils devaient refuser cette offre finale, le premier ministre Couillard a dit garder encore espoir. «Aujourd’hui, je ne veux pas être dans cet état d’esprit; je veux être encore dans l’état d’esprit qu’il est possible encore d’avoir une entente négociée», a-t-il dit.

Mais il s’est empressé d’ajouter que «dans l’autre éventualité, on verra ce qu’il faudra faire».

«Actuellement, le conflit commence à avoir des impacts importants sur le fonctionnement de l’État», a-t-il rappelé.