Au moins 175 pays signent l’accord de Paris sur le climat au siège de l’ONU

NATIONS UNIES, États-Unis – Le premier ministre Justin Trudeau s’est joint aux représentants de quelque 175 pays, vendredi, pour la signature de l’accord de Paris sur les changements climatiques.

Apposer sa signature au bas de l’entente était la partie facile. Les difficultés seront dans le défi à venir: réduire les émissions de gaz à effet de serre du Canada de 30 pour cent au cours des prochaines décennies.

Le Canada est encore bien loin de cette cible. Les émissions continuent de grimper et un plan national n’a toujours pas été mis en place. Le premier ministre a cependant promis à ses pairs qu’il demeurait déterminé à atteindre l’objectif.

«Aujourd’hui, avec ma signature, je vous donne ma parole que les efforts du Canada ne cesseront pas, a déclaré M. Trudeau à l’Assemblée générale de l’ONU. Les changements climatiques testeront notre intelligence, notre compassion et notre volonté. Mais nous sommes égaux dans ce défi. J’encourage les autres signataires à réaliser leurs engagements.»

Le premier ministre Trudeau a d’ailleurs annoncé que le Canada ratifierait le traité dès cette année.

L’accord entrera en vigueur quand il aura été signé par 55 pays générant 55 pour cent des émissions polluantes mondiales. Les pays qui n’auront pas apposé leur signature lors de la cérémonie de vendredi auront un an pour le faire. On s’attend maintenant à ce que l’accord entre en vigueur bien avant l’échéancier de 2020, et peut-être dès cette année.

Après la signature, l’entente devra être ratifiée par chaque pays selon les procédures nationales prévues. Les Nations unies estiment qu’au moins 13 pays pourraient franchir cette étape dès vendredi en déposant leurs instruments de ratification.

«Nous sommes dans une course contre la montre, a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban-Ki-moon. L’ère de la consommation sans conséquence est terminée.»

Tous les yeux sont tournés sur les États-Unis, qui pourraient mettre en place l’entente dès cette année, dans les derniers mois de la présidence de Barack Obama. Si tel est le cas, il serait plus difficile pour le successeur de M. Obama de reculer sur son implantation puisqu’une telle démarche prendrait quatre ans, en vertu des règles de l’entente.

Certains des plus grands producteurs de pétrole du monde — comme l’Arabie saoudite, l’Irak, le Nigéria et le Kazakhstan — n’ont pas encore indiqué s’ils signeraient l’accord.

Le président de la France, François Hollande, a été le premier à signer et il a fait savoir vendredi qu’il demanderait à l’Assemblée nationale de ratifier l’entente d’ici l’été.

Le nouveau pacte diffère de l’ancien accord de Kyoto de plusieurs façons, notamment parce que chaque pays polluant majeur a fixé des cibles individuelles cette fois. L’accord de Paris n’inclut pas de cibles d’émissions mondiales et n’est pas contraignant.

L’accord prévoit cependant la mise en place d’un système qui évaluera si les signataires s’acquittent de leurs obligations.

M. Trudeau a eu droit à des applaudissements nourris quand il a déclaré que les pays en développement ne devraient pas être punis pour un problème dont ils ne sont pas responsables. Il a lancé que le Canada investirait 2,56 milliards $ d’ici cinq ans pour aider ces pays à atteindre les objectifs définis par l’entente.

Le secrétaire d’État américain, John Kerry, qui a signé le traité avec sa petite-fille, a soutenu que la signature de l’accord sur le climat par un nombre record de pays représentait une occasion pour les leaders mondiaux de se réengager à gagner la «guerre» contre les émissions de gaz carbonique, qui rendent la planète de plus en plus chaude chaque année.

«L’urgence de ce défi devient de plus en plus prononcée, a-t-il dit, et c’est pourquoi notre rencontre aujourd’hui est, en fait, un moment historique.»

La Chine a indiqué vouloir «finaliser les procédures intérieures» pour ratifier l’accord de Paris avant le sommet du G20 prévu au pays en septembre. Le plus grand émetteur de gaz à effet de serre au monde avait affirmé vouloir ratifier l’entente cette année, mais c’était la toute première fois, vendredi, que le pays précisait une échéance.

L’événement de vendredi a réuni des pays qui, habituellement, sont en désaccord sur plusieurs sujets. Ainsi, le ministre des Affaires étrangères de la Corée du Nord a fait une rare apparition, et le président du Zimbabwe Robert Mugabe a été chaudement applaudi lorsqu’il a déclaré aux dirigeants qu’ils avaient «le pouvoir de gagner le combat» contre les changements climatiques.

Déjà, les pays sont encouragés à aller plus loin que ce qui est prévu dans l’accord. Des analyses scientifiques démontrent que les cibles initiales des différents pays ne permettront pas d’atteindre l’objectif à long terme de l’entente, qui vise à garder les températures en dessous de deux degrés Celsius par rapport au niveau préindustriel.

La température mondiale moyenne a déjà grimpé de près d’un degré Celsius. L’année dernière est d’ailleurs la plus chaude jamais enregistrée.