Mexico ne signera pas l’AEUCM tant que les tarifs douaniers ne seront pas levés

OTTAWA — Le Mexique ne signera pas le nouvel accord commercial nord-américain tant que les États-Unis n’auront pas éliminé les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium pour ses deux voisins, a prévenu un officiel mexicain de haut rang.

Juan Carlos Baker, le sous-ministre mexicain du Commerce, a déclaré vendredi que les avocats et les traducteurs mettaient la touche finale au texte de l’accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) et qu’il espérait que les trois pays pourraient signer le document le 29 ou le 30 novembre.

Toutefois, Mexico n’apposera pas sa signature sur l’AEUMC si les États-Unis ne suppriment pas ses droits de douane de 25 pour cent sur l’acier et de 10 pour cent sur l’aluminium, a indiqué M. Baker, qui était de passage à Ottawa cette semaine afin de participer à une réunion sur la réforme de l’Organisation mondiale du commerce.

Le sous-ministre a précisé que, pour le gouvernement mexicain, ce problème devait être résolu avant la ratification de l’AEUMC.

Faisant écho aux récents propos du Canada à ce sujet, M. Baker a affirmé que toute proposition des États-Unis pour remplacer les tarifs par un système de quota sur les métaux serait refusée par le Mexique.

Il a expliqué qu’un tel système ne réglerait pas le problème.

«Nous devons faire lever ces tarifs. C’est l’objectif no 1. Comment pouvons-nous y arriver?, a commenté Juan Carlos Baker. Ce genre de distorsion ne devrait pas exister en Amérique du Nord.»

L’accord commercial trilatéral a été conclu avant la date limite décrétée par le Congrès américain. L’objectif était d’accélérer le processus afin que l’entente passe au vote avant le début du mandat du président mexicain élu, Andres Manuel Lopes Obrador, le 1er décembre.

Le premier ministre Justin Trudeau a discuté des tarifs douaniers lors d’une conservation téléphonique avec M. Obrador jeudi.

Dans un communiqué publié vendredi, le bureau du premier ministre a révélé que les deux dirigeants avaient parlé du fait que l’AEUMC «élimine l’incertitude et favorise les investissements et les exportations» ainsi que des droits de douane imposés en juin par le président américain, Donald Trump, pour des raisons de sécurité nationale.

Le Canada et le Mexique ont répliqué aux tarifs douaniers en promulguant leurs propres mesures de rétorsion sur les importations en provenance des États-Unis.

Le sous-ministre Baker a aussi critiqué la surtaxe de 25 pour cent du Canada sur certains produits d’acier étrangers, une mesure visant à mettre fin au dumping.

M. Baker a soutenu que la mesure entrée en vigueur jeudi était injuste pour les produits mexicains.

La décision est vue comme une tentative pour amadouer l’administration Trump en empêchant l’acier bon marché provenant de la Chine de transiter par le Canada pour entrer sur le marché américain.

«Nous comprenons ce que le Canada essaie de faire. Nous sommes seulement déçus de ne pas avoir été exclus de cette mesure», a précisé Juan Carlos Baker.

La discussion entre Justin Trudeau et Andres Manuel Lopez Obrador a eu lieu quelques jours après que le futur ministre des Affaires étrangères du Mexique, Marcelo Ebrard, se soit rendu à Ottawa pour rencontrer la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

M. Ebrard a suggéré que les droits de douane pourraient être levés une fois le nouvel accord commercial nord-américain signé. Les deux ministres sont cependant demeurés vagues quant au moment où cette signature pourrait prendre place.

Le sous-ministre Baker n’a pas écarté la possibilité que l’AEUMC soit ratifié durant le sommet du G20, qui doit s’amorcer le 30 novembre à Buenos Aires.

Les États-Unis, le Mexique et le Canada sont tous les trois membres du G20. Juan Carlos Baker a toutefois reconnu qu’aucune rencontre officielle n’était planifiée pour débattre des tarifs douaniers.

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