Justin Trudeau obtient un second mandat, mais minoritaire

MONTRÉAL — Justin Trudeau estime que l’élection de lundi portait sur «les prochaines 40 années». Dans son discours de victoire, le chef libéral a ainsi insisté sur ce qu’il perçoit comme un vote pour lutter contre les changements climatiques.

«Les Canadiens ont rejeté la division et la négativité», a dit M. Trudeau en entamant ce discours devant une petite foule qui comptait environ 500 personnes, aux petites heures du matin, mardi.

La salle du Palais des congrès de Montréal retenue pour l’événement était bien loin d’être remplie.

Le résultat de lundi qui lui confie un mandat minoritaire est, d’après lui, un vote pour «un programme progressiste et des gestes forts sur les changements climatiques».

«On va continuer ce qu’on a commencé parce que les libéraux comme tous les Canadiens savent qu’il est toujours possible de faire mieux», a-t-il lancé à la petite foule qui buvait ses paroles.

Il n’a pas omis de prendre acte du Québec qui s’est résolument tourné vers ses anciennes amours bloquistes, sans toutefois délaisser totalement son parti.

«Mes chers Québécois, j’ai entendu votre message ce soir», a dit M. Trudeau à ceux qui ont choisi d’envoyer un fort contingent bloquiste à Ottawa.

«Vous voulez continuer d’avancer avec nous», a-t-il noté. Si en 2015, il avait réussi à élire 40 députés québécois dans son gouvernement majoritaire, cette fois, il en a récolté une bonne trentaine. 

«Mais vous voulez aussi vous assurer que la voix du Québec se porte encore plus à Ottawa. Je vous donne ma parole. Mon équipe et moi serons là pour vous», a-t-il dit.

Loin de la liesse

Comme le second mandat ne sera pas majoritaire, l’enthousiasme n’était pas à son comble dans la foule pendant la soirée.

«C’est à cause de Legault», a lâché un militant, manifestement déçu de l’issue du vote. «Legault n’a pas aidé», a laissé tomber un autre, sur un ton moins amer.

Le premier ministre québécois François Legault a fait quelques incursions dans la campagne fédérale pour, entre autres, reprocher à Justin Trudeau de garder la porte ouverte à une possible participation du gouvernement fédéral à la contestation de la loi sur la laïcité. Ces sorties auraient, selon certains, servi au Bloc québécois.

Le pipeline et l’environnementaliste

Alors qu’il ne savait pas encore si son propre sort était scellé, le candidat vedette dans Laurier-Sainte-Marie s’est mis à rêver… un peu.

«Ça va faire en sorte que nous aurons un Parlement qui va vouloir faire avancer les choses», a dit Steven Guilbeault en entrevue avec La Presse canadienne, en début de soirée.

Le scénario d’un gouvernement libéral minoritaire n’est-il pas l’idéal pour cet ancien environnementaliste qui était contre l’achat du pipeline Trans Mountain «et qui l’est toujours»?

«On ne fera pas de politique fiction ce soir. Mais on l’a acheté le pipeline. Alors c’est un peu difficile de voir comment on pourrait ne pas faire ce projet-là», a-t-il commencé par souligner. «Mais il y a peut-être des scénarios», a-t-il rapidement ajouté.

Quelques minutes plus tard, il a été déclaré élu et la foule l’a chaudement applaudi, scandant son prénom.

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Il n’a rien compris

L’ex premier ministre du gouvernement Libéral majoritaire, devenu minoritaire suite à l’élection du 21 octobre dernier, Justin Trudeau nous a fait un discours super triomphant lundi soir. Pourtant il gèrera un Canada multicolore sans appui dans l’ouest canadien et diminué au Québec.

La population lui a fait comprendre qu’elle ne veut pas de pipeline et qu’au Québec on ne veut pas de contestation de la loi 21. Il a quand même maintenu son engagement de continuer à développer le pipeline Trans Mountain et que son gouvernement ne dit pas non à une contestation de la loi. Il a clairement dit qu’il ne formera pas de coalition, officielle ou officieuse, pour diriger le Canada avec un des partis de l’opposition.

Son deuxième discours de mercredi fut moins sarcastique et un peu plus collaboratif. M. Trudeau a affirmé qu’il avait l’intention d’entamer des discussions avec les chefs des partis d’opposition pour trouver des pistes de solution afin de faire fonctionner le gouvernement. Il a réitéré le fait que son parti est farouchement fédéraliste et que sa collaboration sera restreinte avec le Bloc Québécois.

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