Justin Trudeau continue de faire sa cour aux dirigeants africains

ADDIS-ABEBA, Éthiopie — Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré dimanche qu’il convoitait un siège pour le Canada au puissant Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) parce que c’est là que l’on discute des plus grands enjeux auxquels le monde fait face.

«Comme vous le savez, le Canada travaille fort pour obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU. Notre monde est de plus en plus imprévisible et les défis auxquels nos pays sont confrontés sont complexes, a-t-il déclaré. Plus que jamais, le Canada doit avoir l’opportunité de façonner les grandes questions qui ont un impact sur le quotidien de nos citoyens et cette visite nous a permis d’échanger avec nos partenaires africains sur le sujet et de faire avancer ce dossier.»

Lors de la période de questions qui a suivi son allocution, M. Trudeau a insisté sur le fait que les Canadiens s’attendent à avoir un impact maximal sur les enjeux mondiaux et qu’une place au conseil est une bonne manière d’y parvenir.

Pour sa deuxième journée complète en Afrique, M. Trudeau a participé à un dîner en compagnie de femmes d’affaires éthiopiennes en plus d’enchaîner les face à face avec des leaders du Nigeria, de la Somalie, de la Mauritanie et de Madagascar.

La veille, samedi soir, le premier ministre a pris part à un souper officiel du sommet de l’Union africaine, samedi soir, mais seulement après avoir rencontré cinq autres dirigeants et avoir livré deux discours en marge du sommet.

Bien que Justin Trudeau affirme que l’objectif du voyage est de renforcer les liens économiques avec le continent africain, il a concédé que la campagne du Canada pour être élu au Conseil de sécurité de l’ONU explique aussi sa présence en Éthiopie.

Deux sièges parmi les dix places non permanentes sont en jeu et le Canada doit faire valoir sa candidature face à l’Irlande et la Norvège qui convoitent, elles aussi, un droit de parole au Conseil de sécurité.

Le vote doit avoir lieu en juin et l’Union africaine pèse lourd dans la balance puisqu’elle compte 54 États membres, ce qui représente plus du quart des voix. En 2010, le Canada avait été battu en partie à cause d’un manque d’appui au sein des pays d’Afrique.

Si Justin Trudeau considère que plusieurs pays alliés en Afrique partagent les valeurs canadiennes, il demeure tout de même un enjeu majeur qui ne fait pas l’unanimité et ce sont les droits de la personne. Le premier ministre s’est d’ailleurs fait particulièrement discret en la matière, selon ce qu’a observé Alice Musabende, une Canadienne candidate au doctorat et spécialisée dans les relations internationales de l’Afrique.

D’après elle, le gouvernement canadien préférait ne pas trop faire de vagues pour ne pas nuire à ses chances de récolter des votes à l’ONU.

En conférence de presse, dimanche, le premier ministre Justin Trudeau a dit avoir soulevé l’importance des droits de la personne avec chaque leader qu’il a rencontré.

Il a rapporté avoir abordé le cas précis de citoyens canadiens détenus en Égypte dans sa rencontre avec le président Abdel Fattah al-Sisi. Cet ancien général a saisi le pouvoir en Égypte à la suite du coup d’État de 2013.

Il y a un an, les autorités égyptiennes ont arrêté l’ingénieur canadien Yasser Albaz à l’aéroport du Caire. Il demeure emprisonné même si aucune accusation n’a été portée contre lui.

Amnistie internationale a maintes fois dénoncé le bilan jugé «désastreux» de l’Égypte en matière des droits de la personne, lui reprochant ses détentions arbitraires, le recours à la torture et les meurtres extrajudiciaires.

Par ailleurs, le cabinet du premier ministre a annoncé dimanche en fin d’après-midi que M. Trudeau fera lundi escale au Koweït. Il y visitera des membres de Forces armées canadiennes à la base aérienne Ali Al Salem avant de rencontrer le premier ministre du pays, Sabah Khalid Al-Hamad Al-Sabah, au palais Bayan.

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