Trudeau «absolument en désaccord» avec les conclusions de Wilson-Raybould

MONTRÉAL — Le premier ministre Justin Trudeau se dit «absolument en désaccord avec les conclusions» de l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould dans son témoignage sur le dossier SNC-Lavalin.

M. Trudeau avoue avoir discuté du dossier de SNC-Lavalin avec son ancienne procureure générale étant donné les 9000 emplois en jeu. Il dit toutefois qu’il revenait à l’ancienne procureure générale du Canada de trancher dans ce dossier.

«La décision lui revenait à elle seule. (…) Je continue de maintenir que moi et mon personnel avons toujours agi de manière appropriée et professionnelle», a déclaré M. Trudeau en point de presse à Montréal, mercredi soir, en marge d’une rencontre avec des militants et bénévoles libéraux.

Le premier ministre Trudeau affirme par ailleurs vouloir visionner l’intégral du témoignage de Mme Wilson-Raybould avant de décider si elle sera maintenue dans le caucus libéral et si elle pourra se présenter sous la bannière libérale lors des prochaines élections générales.

L’ancienne ministre avait accepté de témoigner devant le comité permanent de la justice et des droits de la personne pour se prononcer sur les allégations d’un reportage du «Globe and Mail» paru au début du mois. Cet article soutenait qu’elle aurait subi des pressions inappropriées pour aider SNC-Lavalin à éviter un procès criminel.

À la veille de son témoignage devant le comité des Communes, Mme Wilson-Raybould avait signalé mardi qu’elle ne pourrait pas parler librement de tout le dossier de SNC-Lavalin. Dans une lettre au comité, elle fait valoir que le décret adopté par le premier ministre, dans lequel il renonce au secret avocat-client et au secret ministériel, n’est pas suffisant pour donner toute l’information, puisqu’il concerne exclusivement son mandat comme procureure générale.

Il ne lui permettait donc pas de s’exprimer, mercredi, sur ses communications lorsqu’elle était ministre des Anciens Combattants et sur les informations relatives à sa démission.

«Nous avons fait un geste sans précédent (..) pour permettre à l’ancienne procureure générale d’aborder cet enjeu de manière étendue, et c’est exactement ce qu’elle a été en mesure de faire ce soir (mercredi)», a déclaré M. Trudeau.

Questionné à savoir s’il ferait certaines choses différemment dans ce dossier s’il pouvait revenir en arrière, M. Trudeau soutient que «nous allons toujours nous tenir debout pour défendre les bons emplois au Canada et en créer d’autres, et nous allons défendre nos institutions et la règle de droit dans ce pays».

Esquivant les appels à une enquête publique nationale du NPD et du Bloc québécois, M. Trudeau dit faire confiance à l’enquête du commissaire à l’éthique.

Le chef conservateur est allé pour sa part jusqu’à demander la démission du premier ministre, et M. Trudeau a simplement répliqué en disant que les Canadiens auront l’automne prochain «un choix très simple et très clair à faire, entre un Parti libéral qui va toujours se tenir debout pour défendre les emplois, et le parti qui est encore le parti de Stephen Harper, avec de vieilles façons de faire d’attaquer et de diviser et de donner des avantages aux plus riches».

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