Justin Trudeau est enthousiaste face au projet de train électrique de la CDPQ

MONTRÉAL – Le premier ministre Justin Trudeau ne cache pas son enthousiasme pour le projet de train électrique à Montréal et il a à toutes fins pratiques assuré que son gouvernement n’attendait plus que la demande de financement de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui en est le promoteur, pour aller de l’avant.

Participant au congrès biennal de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada, samedi à Montréal, M. Trudeau a indiqué sans détour que ce projet correspond en tous points à ses critères pour les investissements massifs qu’il a promis en infrastructures, notamment parce qu’il s’agit de transport collectif électrique.

«On va regarder leur projet et les détails de ce qu’ils sont en train de demander, mais c’est exactement dans les priorités de notre gouvernement d’investir en transport collectif, l’électrification, l’aide aux citoyens, la construction de haute qualité, ce sont toutes des choses que nous aimons beaucoup dans ce projet», a-t-il déclaré.

«On a hâte de travailler avec la Caisse pour regarder comment le gouvernement fédéral peut être un partenaire dans ce grand projet très positif pour les Montréalais», a ajouté le premier ministre.

Justin Trudeau a cependant été beaucoup moins empressé dans ses réponses aux questions liées à l’aide financière fédérale d’un milliard $ US qu’espère obtenir Bombardier Aéronautique pour soutenir la CSeries.

Le premier ministre a certes salué la vente de 75 appareils à Delta Air Lines comme une bonne nouvelle, a louangé l’appareil et signalé l’importance de l’industrie aéronautique au Canada, mais pour l’aide financière, il s’est limité à dire que les discussions se poursuivaient en vue d’obtenir «un plan d’affaires solide».

«Je ne veux pas négocier sur la place publique. C’est certain que les nouvelles de l’achat de Delta, ce sont de très bonnes nouvelles pour Bombardier», a-t-il soutenu.

Cette semaine, lorsque la vente à Delta a été annoncée en grande pompe par Bombardier, le premier ministre du Québec Philippe Couillard a demandé une fois de plus au gouvernement fédéral d’aider le secteur aéronautique comme il l’avait fait pour le secteur automobile en Ontario.

M. Couillard est allé plus loin, qualifiant de «paradoxal» le fait qu’Ottawa n’ait pas hésité à octroyer des fonds à l’Ontario alors qu’il semble traîner les pieds pour le Québec.

Ces enjeux ont ramené l’idée d’avoir un lieutenant politique au Québec, une omission dans le cabinet Trudeau que certains analystes ont invoquée comme étant l’une des raisons expliquant le retard dans le dossier de Bombardier, notamment.

Justin Trudeau a balayé la question du revers de la main, affirmant qu’il y a «des voix extrêmement fortes pour le Québec au sein du cabinet», à commencer par lui-même.

«Il n’y a aucun ministre attitré à aucune région, aucune province de notre pays. Nous avons préféré mettre de l’avant l’ensemble des voix au cabinet pour parler des préoccupations qui leur reviennent, mais à quoi ça sert d’avoir un lieutenant du Québec quand on a un général du Québec?», a-t-il lancé.

Flanqué d’une vingtaine de ses députés québécois, le premier ministre a d’ailleurs souligné à plusieurs reprises qu’il avait été élu avec un mandat fort dans la province aux élections de l’automne dernier. «C’est la première fois pour une génération entière que les Québécois et les Canadiens voient tant de Québécois s’impliquer à diriger le Canada», a-t-il lancé, sous un tonnerre d’applaudissements.