Justin Trudeau ne se prononce pas sur l’envoi par le Canada de chars en Ukraine

OTTAWA — Les alliés du Canada s’engagent à envoyer des véhicules blindés en Ukraine, mais le premier ministre Justin Trudeau n’a donné aucune indication, lundi matin, quant à savoir si Ottawa emboîterait le pas.

Près d’un an après le début de l’invasion russe, la plupart des membres de l’alliance militaire de l’OTAN se sont prononcés favorablement à l’envoi de chars Leopard 2 à Kyiv — à l’exception notable de l’Allemagne.

En tant que principal fournisseur de ces véhicules, l’Allemagne exige que ses alliés demandent l’autorisation avant de les réexporter vers d’autres pays. Or, Berlin craint que Moscou y voie une provocation.

Le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a souligné lundi que son gouvernement ferait bientôt cette demande officielle à Berlin, mais qu’il prévoyait d’envoyer des chars même si l’Allemagne ne l’approuvait pas.

Lors d’une conférence de presse, lundi matin, M. Trudeau a affirmé que le Canada était en «conversation régulière avec les dirigeants ukrainiens» au sujet de leurs besoins militaires, mais qu’il n’avait «rien à annoncer» pour le moment.

Plus tard lundi, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a confirmé qu’elle avait eu des discussions avec son homologue allemande à ce sujet. Elle est toutefois restée évasive quant à savoir si Ottawa avait demandé officiellement la permission d’envoyer des blindés.

«On sait très bien que pour arriver à une paix durable, il faut continuer à armer l’Ukraine. C’est un peu un paradoxe dans lequel on est, mais c’est vraiment l’approche que l’on prend et que nos alliés prennent également, a souligné Mme Joly.

«On a récemment envoyé 200 véhicules blindés en Ukraine, (…) on a participé aussi à un nouveau système de défense antimissile — un système aérien avec les Américains — et il y a beaucoup à faire et on va faire plus.»

Les Forces armées canadiennes possèdent 112 chars Leopard 2 et certains analystes indiquent qu’Ottawa ne pourrait en fournir qu’un petit nombre sans nuire à ses propres besoins en matière de formation et d’opérations.

L’ambassadrice ukrainienne au Canada, Yuliya Kovaliv, n’était pas disponible pour une entrevue, lundi.

Le gouvernement ukrainien, par l’entremise du président Volodymyr Zelensky, a souvent demandé qu’on lui envoie des blindés que le pays pourrait ensuite utiliser pour protéger ses troupes et lancer des contre-offensives contre les forces russes, notamment dans l’est du pays.

Lundi, le chef de cabinet de M. Zelensky, Andriy Yermak, a précisé que l’Ukraine avait besoin de «plusieurs centaines» de chars d’assaut, soit beaucoup plus que les dizaines que les pays de l’OTAN ont déjà envisagé de déployer.

«Chaque char en état de se battre doit être sur notre front», a écrit M. Yermak dans une publication sur le réseau social Telegram.

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