Justin Trudeau pourrait parler de minéraux essentiels lors de sa visite à New York

NEW YORK — Le premier ministre Justin Trudeau va à la rencontre des investisseurs à New York dans l’espoir de tirer parti de la visite de Joe Biden à Ottawa le mois dernier.

Ceux qui surveillent de près les échanges bilatéraux estiment que les Américains veulent en savoir plus sur la façon dont Ottawa accélérera la croissance de son secteur naissant des minéraux critiques, qui devient rapidement le pivot des relations canado-américaines.

En d’autres termes, il est temps de détailler le plan pour faire sortir de terre ces richesses du XXIe siècle, a déclaré Louise Blais, ancienne consule générale du Canada à Atlanta et aujourd’hui conseillère principale au Conseil canadien des affaires.

«Nous devons être clairs sur la manière dont le gouvernement va faciliter, accélérer et réduire les risques des investissements dans l’extraction: c’est un défi majeur», a déclaré Mme Blais.

Le Canada a besoin de sa propre version nationale de la «loi américaine sur la réduction de l’inflation» pour ce secteur, a-t-elle ajouté – un plan d’élimination de la bureaucratie réglementaire qui amène tous les partenaires nécessaires à la table.

«Pas seulement sous forme d’incitatifs, mais en facilitant la réglementation et en travaillant avec les provinces et les intervenants pour y parvenir.»

L’excitation suscitée par les minéraux critiques et l’impact potentiel sur les relations entre les deux pays sont devenus de plus en plus palpables — peut-être jamais plus qu’à la suite de la visite du président Biden le mois dernier.

La déclaration commune à l’issue de cette rencontre affirmait une compréhension mutuelle des minéraux critiques comme «indispensables à notre sécurité économique et nationale» et promettait de démontrer «ainsi la volonté des États-Unis de soutenir les entreprises canadiennes dans l’économie de l’énergie».

Les entreprises des deux côtés de la frontière auront accès à 250 millions $ US en vertu de la Loi sur la production de défense, qui peut effectivement désigner des entreprises canadiennes comme partenaires américains en matière de sécurité nationale, pour extraire et traiter des minéraux essentiels destinés aux véhicules électriques et aux batteries.

Économie verte et chaîne d’approvisionnement

Le développement des minéraux critiques est la tâche première, car il relie de nombreux objectifs environnementaux, économiques et de politique étrangère, a ajouté Russell Singer, responsable de l’énergie et de l’environnement au Bureau des affaires canadiennes du département d’État américain.

Les deux principaux points à l’ordre du jour des rencontres Biden-Trudeau ont été l’utilisation de la croissance de l’énergie propre pour créer de bons emplois, et la sécurisation de chaînes d’approvisionnement fiables pour les minéraux critiques, a noté M. Singer.

«Ainsi, les deux principaux points sur la liste des priorités de nos deux dirigeants sont intrinsèquement liés à cette discussion sur les minéraux critiques.»

Les partenariats transfrontaliers portent déjà leurs fruits dans les deux sens, a déclaré Jeff Labonté, sous-ministre adjoint du secteur des terres et des minéraux au ministère des Ressources naturelles.

Cela inclut les entreprises américaines et canadiennes qui investissent les unes dans les autres, ainsi que les minéraux critiques américains traités au nord de la frontière avant de retourner aux États-Unis en tant que composants automobiles, déclarait M. Labonté lors d’une conférence la semaine dernière.

«C’est un très bon exemple de la façon dont nous avons des fondations qui existent, construites sur notre histoire de collaboration et de partenariats économiques», expliquait M. Labonté lors de la réunion annuelle du «Canada-U.S. Law Institute», à Cleveland.

«Nous avons maintenant une intention politique assez répandue de faire croître tout cela et de nous assurer qu’il est prêt pour l’économie du futur – une économie qui protège nos chaînes d’approvisionnement qui étaient si exposées au cours des dernières années.»

Sur le plan politique, le point culminant du voyage de M. Trudeau à New York sera probablement le discours qu’il doit prononcer au «Council on Foreign Relations», l’un des principaux groupes de réflexion sur la politique étrangère au monde et un forum populaire pour les dirigeants étrangers.

Mais d’abord, M. Trudeau peaufinera son discours progressiste au «Global Citizen NOW», une réunion au sommet annuelle de célébrités, de militants et d’élus qui cherchent à faire avancer les choses sur une multitude de défis internationaux.

Le premier ministre doit notamment participer à une discussion sur l’égalité des genres avec Jacqueline O’Neill, ambassadrice du Canada pour les femmes, la paix et la sécurité, et avec l’ancienne cheffe d’antenne de CTV Lisa LaFlamme.

L’événement de deux jours accueillera aussi les vedettes hollywoodiennes Hugh Jackman et Katie Holmes, le musicien John Legend, le président français Emmanuel Macron et la première ministre de la Barbade, Mia Mottley.

M. Trudeau et Mme Mottley coprésideront également une réunion des défenseurs des «Objectifs de développement durable», un comité de haut niveau des Nations unies visant à atteindre un certain nombre d’objectifs de développement durable d’ici 2030 sur des questions comme la pauvreté, l’équité et l’énergie propre.

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