Justin Trudeau prévient Israël contre toute mesure unilatérale

OTTAWA — Justin Trudeau a plongé mardi dans la politique d’Israël et de la Chine, exprimant ses préoccupations concernant des positions distinctes, mais controversées, qui, selon lui, menacent la paix dans ces deux pays.

Le premier ministre a dénoncé le projet israélien d’annexer unilatéralement des territoires de la Cisjordanie occupée. Il a soutenu qu’il avait directement exprimé le désaccord du Canada au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou — mais aussi à Benny Gantz, premier ministre «en alternance» en vertu d’un accord de partage du pouvoir.

«J’ai été très direct avec les dirigeants israéliens, a assuré M. Trudeau en point de presse mardi matin, à Ottawa. Nous déplorons de tels gestes, qui vont retarder toute perspective de paix durable au Proche-Orient. Nous devons donc travailler dans le respect du concept de dialogue. Et nous sommes très préoccupés.»

M. Trudeau a réitéré la position actuelle du Canada dans ce conflit israélo-palestinien: une solution «à deux États» vivant côte à côte, sans actions unilatérales de part et d’autre.

«J’ai souligné publiquement et directement au premier ministre Nétanyahou et au premier ministre suppléant Benny Gantz l’importance de ne pas prendre de mesures unilatérales, ainsi que nos profondes préoccupations et notre désaccord avec leur projet d’annexion.»

La Chine et Hong Kong

Le premier ministre Trudeau a également appelé la Chine à s’engager de manière constructive avec le peuple de Hong Kong, après que Pékin a imposé une nouvelle loi sur la sécurité nationale qui a donné lieu à des manifestations importantes dans ce territoire.

Le Canada, la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Australie ont dénoncé conjointement cette loi chinoise, la semaine dernière, estimant qu’elle minait le cadre «un pays, deux systèmes» à Hong Kong, colonie britannique rétrocédée en 1997 à la Chine, qui en a fait une «région administrative spéciale».

M. Trudeau a déclaré mardi que le Canada était préoccupé par ses 300 000 ressortissants vivant à Hong Kong «et ces millions d’autres qui luttent pour la justice et la paix» dans ce territoire. «Nous continuerons à défendre la paix, le dialogue, la désescalade des tensions, et à vouloir que Pékin s’engage de manière constructive avec le peuple de Hong Kong», a déclaré le premier ministre.

Un militant canadien pour les droits de la personne a appelé Ottawa lundi à accorder l’asile aux partisans de la démocratie à Hong Kong et à étendre ce règlement à ceux qui ont des liens avec le Canada — avant que Pékin ne les empêche de partir.

«Le Canada est un pays qui a toujours accueilli des gens du monde entier fuyant la persécution et la violence, a indiqué M. Trudeau mardi. Nous avons un solide système d’immigration qui examine les cas individuellement, examine les défis systémiques et y répond.»

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a discuté lundi de la situation à Hong Kong avec le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, et leurs homologues du groupe de partage du renseignement «Five Eyes»: la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. «Ils ont discuté de coordination pour répondre aux défis mondiaux urgents, y compris la décision unilatérale et arbitraire de la Chine d’imposer à Hong Kong une loi sur la sécurité nationale», a déclaré mardi la porte-parole de M. Pompeo, Morgan Ortagus.

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