Justin Trudeau réplique à ceux qui le critiquent au sujet des oléoducs

SASKATOON – Le premier ministre Justin Trudeau a rejeté mercredi les attaques des conservateurs qui dénoncent ses positions sur les oléoducs, alors qu’il a rencontré l’un de ses critiques les plus sévères sur cette question, le premier ministre de la Saskatchewan — une réunion qui semble s’être conclue sur un ton positif.

Confronté à la critique en Saskatchewan, où l’économie est grandement touchée par la baisse du cours du pétrole — plongeant le gouvernement de Brad Wall dans les déficits —, M. Trudeau a répété mercredi que les conservateurs avaient eu plusieurs années pour construire un oléoduc pendant qu’ils étaient au pouvoir mais qu’ils n’avaient pas réussi à le faire.

Selon M. Trudeau, transporter les ressources jusqu’aux marchés est une responsabilité clé du gouvernement canadien, et la meilleure façon de faire construire un oléoduc est de collaborer avec les communautés et les Premières Nations le long de son tracé et de respecter leurs inquiétudes.

«J’ai été très clair pendant des années sur les oléoducs. L’une des responsabilités fondamentales de tout premier ministre canadien — et cela remonte à plusieurs siècles, du grain sur les chemins de fer, au poisson et à la fourrure — est d’amener les ressources canadiennes sur les marchés internationaux», a-t-il déclaré.

«Mais ce que les conservateurs refusent toujours de comprendre, c’est que pour amener nos ressources sur les marchés au XXIe siècle, nous devons être responsables concernant l’environnement. Nous devons respecter les inquiétudes des communautés et nous devons conclure des partenariats avec les peuples autochtones», a-t-il ajouté.

Le premier ministre Brad Wall, qui a vigoureusement critiqué le gouvernement libéral sur cet enjeu, s’est dit toutefois encouragé par sa rencontre avec M. Trudeau.

«Je ne crois pas que j’ai eu droit à des platitudes aujourd’hui. Je crois qu’il y avait de la sincérité dans le souhait du premier ministre d’arriver à faire approuver les oléoducs pour que les produits soient transportés vers les côtes», a-t-il déclaré à sa sortie de la rencontre.

La chef conservatrice par intérim, Rona Ambrose, se trouvait elle aussi en Saskatchewan cette semaine. Elle y a accusé Justin Trudeau d’être resté vague sur son appui envers les projets d’oléoducs depuis son élection, l’automne dernier.

Mme Ambrose estime qu’un processus d’approbation «vague» des oléoducs crée trop d’incertitude dans l’industrie pétrolière, ce qui se traduit par davantage de pertes d’emplois.

Les premiers ministres Trudeau et Wall ont aussi discuté des prestations d’assurance-emploi, qui ont été bonifiées dans 12 régions durement touchées par la chute des prix de l’énergie, ce qui couvre notamment le nord de la Saskatchewan.

M. Wall avait toutefois reproché à Ottawa d’avoir exclu les travailleurs du sud de sa province.

Le premier ministre saskatchewanais a affirmé mercredi qu’il prendrait M. Trudeau «au mot», lorsqu’il a dit qu’il surveillerait de près la situation, suggérant que le gouvernement pourrait éventuellement aider d’autres régions.

Dans les 12 régions en question, le gouvernement fédéral ajoute cinq semaines supplémentaires aux 45 semaines pendant lesquelles les travailleurs sont admissibles à l’assurance-emploi. La mesure sera en vigueur à partir du mois de juillet et peut être rétroactive jusqu’en janvier 2015.

L’énoncé budgétaire prévoit également verser aux employés plus âgés de ces régions 20 semaines additionnelles de prestations, pour un total de 70 semaines en tout.