Justin Trudeau se porte à la défense de la Charte sans nommer Ford directement

SASKATOON — Justin Trudeau a amorcé la retraite annuelle du caucus libéral, mercredi, en adoptant des accents électoraux, y compris la promesse ferme que son parti défendra toujours la Charte canadienne des droits et libertés.

En entamant la retraite de deux jours du caucus, à Saskatoon, M. Trudeau n’a pas nommé le premier ministre de l’Ontario, mais sa profession de foi a été lancée alors que le gouvernement de Doug Ford compte surseoir à l’application de la Charte en adoptant son projet de loi qui vise à réduire de près de moitié la taille du conseil municipal de Toronto.

M. Trudeau a martelé que son gouvernement «défendra toujours les droits des Canadiens et respectera toujours la Charte des droits et libertés».

La retraite de deux jours du caucus libéral vise à élaborer la stratégie en vue de la reprise des travaux parlementaires à Ottawa la semaine prochaine. Mais les déclarations de M. Trudeau signalent aussi que les libéraux se préparent aux prochaines élections générales, dans un peu plus d’un an.

Le chef libéral a amorcé la retraite en dressant le bilan des réalisations de son gouvernement depuis son arrivée au pouvoir en 2015.

Il a ainsi soutenu que l’Allocation canadienne pour enfants avait permis à plus de 300 000 enfants de sortir de la pauvreté. Et il a estimé que les réductions d’impôt consenties à la classe moyenne et les investissements dans les infrastructures ont permis de stimuler l’économie et de pousser le taux de chômage à des niveaux «historiquement bas».

«Il y a 500 000 Canadiens qui travaillent aujourd’hui et qui ne travaillaient pas lorsque nous avons pris le pouvoir», a soutenu M. Trudeau. «Dès le début, nous nous sommes concentrés sur des progrès réels qui font une réelle différence dans la vie des gens, et qui offrent des résultats aux Canadiens, a-t-il dit. À pareille date l’an prochain, une famille de quatre personnes de la classe moyenne touchera chaque année 2000 $ de plus qu’avant les dernières élections.»

M. Trudeau a en revanche accusé les conservateurs d’Andrew Scheer d’être «obstinément» opposés aux mesures visant à aider la classe moyenne et à lutter contre les changements climatiques, «mettant en péril l’avenir de notre planète et de nos enfants». De plus, les conservateurs «n’ont absolument aucun plan pour développer notre économie», a soutenu le chef libéral.

«Après 10 ans de croissance lente, de hausse des inégalités de revenus et d’inaction environnementale sous Stephen Harper, ils proposent la même approche erronée. C’est tout à fait inacceptable», a lancé M. Trudeau. Le chef libéral a affirmé que les conservateurs «préfèrent diviser», exploiter les différences et «falsifier» les faits dans le but de faire oublier leur absence de vision.

Mais les libéraux ne comptent pas s’arrêter aux conservateurs du chef Andrew Scheer, ayant démontré qu’ils ont aussi pour cible des conservateurs provinciaux. L’allusion de Justin Trudeau à Rob Ford sur la Charte, et son refus de reculer au sujet du plan fédéral de fixation du prix du carbone lors de sa rencontre avec le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, en sont deux exemples probants.

«J’ai été déçu, pour être honnête», a déclaré M. Moe à la suite de son tête-à-tête avec son homologue fédéral.

«Ce n’est pas un secret que nous avons eu une relation glaciale en matière de dossiers économiques», a-t-il ajouté, appelant le gouvernement fédéral à abroger son plan sur les prix du carbone et sa législation pour renforcer les évaluations d’impact environnemental.

Le gouvernement de Scott Moe s’adresse aux tribunaux pour contester la constitutionnalité du plan fédéral visant à imposer une taxe sur les émissions de carbone dans les provinces qui ne présentent pas leur propre système de tarification du carbone d’ici janvier. Le gouvernement Ford a indiqué son intention de se joindre à cette action en justice.

Juste avant la rencontre entre messieurs Trudeau et Moe, la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a indiqué que les autorités fédérales n’avaient aucune intention de céder sur la question.

Alors que les provinces sont les mieux placées pour élaborer leur propre plan sur les changements climatiques, Mme McKenna a affirmé: «Nous avons également été clairs et le premier ministre a été extrêmement clair que si les provinces ne prennent pas de mesures sérieuses au sujet du climat, si elles ne reconnaissent pas le coût de la pollution, nous devrons intervenir et nous remettrons directement les revenus aux particuliers.»

La ministre McKenna a rappelé que la Saskatchewan avait les émissions par habitant les plus élevées au pays.

Le premier ministre Moe a ajouté que les libéraux fédéraux devront livrer une nouvelle bataille s’ils désirent interdire les armes de poing et les armes d’assaut au Canada — comme l’exigent certains députés libéraux, ainsi que les conseils municipaux de Toronto et de Montréal.

«Ici, en Saskatchewan, nous venons d’une société où la chasse et le plein air sont profondément enracinés. Nous n’approuverions pas l’interdiction des armes à feu dans la province», a-t-il déclaré.

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