Trudeau au sommet du G7: le Canada tarde à s’engager pour le partage de doses

NEWQUAY, ROYAUME-UNI — Justin Trudeau est arrivé jeudi en Cornouailles, au Royaume-Uni, pour un sommet de trois jours des dirigeants des pays du G7.

Le premier ministre a été accueilli sur le tarmac par une Garde de cérémonie, portant le masque, et des responsables locaux, dont Ralph Goodale, ancien ministre libéral qui est maintenant le haut-commissaire du Canada en Grande-Bretagne.

C’est la première fois que M. Trudeau se rend à l’étranger depuis le début de la pandémie de COVID-19, en mars 2020. Le premier ministre passera les prochains jours à rencontrer des dirigeants dans un village près de la côte, dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour cette première réunion «en personne» des dirigeants du G7 depuis 2019.

De là, M. Trudeau se rendra à Bruxelles pour un sommet de l’OTAN, suivi d’une rencontre entre les dirigeants du Canada et de l’Union européenne.

Mettre fin à la pandémie, relancer l’économie mondiale – y compris les voyages internationaux – et faire vacciner les résidants des pays les moins riches dominent l’ordre du jour de ce sommet du G7, qui s’ouvre vendredi.

Tandis que M. Trudeau débarquait en Cornouailles, le président Joe Biden promettait séparément que les États-Unis donneraient 500 millions de doses pour accélérer la fin de la pandémie mondiale et déclarait que ses homologues du G7 annonceraient bientôt leurs propres plans.

«Nous allons aider à sortir le monde de cette pandémie en travaillant aux côtés de nos partenaires mondiaux», a déclaré M. Biden, ajoutant que les doses seraient partagées sans «aucune condition».

Cet engagement des États-Unis s’ajoute aux 80 millions de doses que M. Biden a déjà promis de partager d’ici la fin du mois.

Jeudi soir, le Canada se trouvait à être le seul pays du G7 à n’avoir pas encore annoncé son intention de partager certaines de ses doses d’un vaccin contre la COVID-19. Ce soir-là, avant le début officiel du sommet vendredi, le Royaume-Uni a annoncé qu’il donnerait cinq millions de doses dans les «semaines à venir» aux personnes vivant dans certains des pays les plus pauvres du monde, et donnerait au moins 100 million de doses au cours de la prochaine année.

Dans un communiqué, le gouvernement britannique a déclaré que «les dirigeants du G7 devraient accepter de fournir 1 milliard de doses via le partage des doses et le financement pour mettre fin à la pandémie en 2022».

Un responsable du gouvernement canadien s’exprimant sous le couvert de l’anonymat a confirmé que le Canada ferait partie de cet engagement du G7.

Le Canada s’est assuré la livraison de plus de 100 millions de doses pour l’année alors que la vaccination à deux doses de la population en nécessite 76 millions. Il a prévu 440 millions $ pour aider l’initiative de partage de vaccins COVAX à acheter des doses directement auprès des fabricants.

Les réponses économiques et sanitaires du Canada à la COVID-19 ont cependant été récemment éclipsées par une vague de tristesse face au meurtre ciblé d’une famille musulmane et par la découverte de ce que l’on pense être les restes de 215 enfants sur le site d’un ancien pensionnat pour Autochtones.

M. Trudeau a pris la parole lors d’une veillée il y a deux jours à London, en Ontario, pour la famille Afzal. Quatre membres de cette famille sont morts lorsqu’un homme les a percutés avec un camion alors qu’ils se promenaient, dimanche soir. Un garçon de neuf ans a survécu. Le premier ministre a qualifié l’incident d’attaque terroriste.

Son gouvernement libéral a également dû répondre à des questions sur son manque de progrès dans la mise en oeuvre promise des 94 «appels à l’action» de la Commission de vérité et réconciliation sur l’ancien système des pensionnats fédéraux pour Autochtones au Canada.

M. Trudeau a aussi exhorté le pape François à s’excuser pour le rôle de l’Église catholique dans le fonctionnement de ces pensionnats, où des générations d’enfants autochtones ont été maltraités et isolés de leur famille et de leur culture.

Climat, économie, équité

Pour le sommet du G7, le cabinet de M. Trudeau a indiqué qu’outre la pandémie, le premier ministre se concentrera sur les changements climatiques – un axe politique majeur pour son gouvernement libéral – ainsi que sur la croissance économique et les approches de coordination pour promouvoir l’égalité des sexes et les droits de la personne.

Le Canada se joint également à d’autres pays dont les ministres des Finances viennent de signer une réforme fiscale qui fixerait un impôt minimum mondial d’au moins 15 % sur les sociétés, ce qui a suscité les critiques des conservateurs de l’opposition, qui disent que le pays devrait gérer seul la politique fiscale.

Ce sera la première fois que tous les dirigeants du G7 sont assis dans la même pièce depuis 2019 – alors que le président américain était Donald Trump. Le président actuel, Joe Biden, effectuera également son premier voyage à l’étranger depuis son élection à la Maison-Blanche l’automne dernier, offrant ainsi la première occasion pour M. Trudeau et lui de se parler en personne depuis son entrée en fonction.

M. Trudeau voyage après avoir reçu l’une de ses deux doses du vaccin d’Oxford-AstraZeneca. Son bureau a déclaré qu’il se mettrait en quarantaine jusqu’à trois jours dans un hôtel d’Ottawa à son retour la semaine prochaine.

Le G7 inclut le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la France, l’Italie et l’Allemagne, ainsi que l’Union européenne. Les observateurs du sommet signalent qu’après la chancelière allemande Angela Merkel, M. Trudeau est le chef de gouvernement qui a été en poste le plus longtemps.

Le premier ministre britannique Boris Johnson a demandé aux pays de prendre des engagements concrets sur la manière de mettre fin à la pandémie d’ici la fin de 2022. Des experts estiment que le Canada devra décider comment il veut contribuer à cet effort, par exemple en finançant l’achat de vaccins ou en donnant des doses.

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