Trudeau parle de l’économie canadienne avec des gens d’affaires de Washington

WASHINGTON – Justin Trudeau a été bombardé de questions, jeudi, au sujet des nuages qui s’amoncellent au-dessus de l’économie canadienne — la chute des prix du pétrole, la crise des prix des matières premières et les déficits budgétaires fédéraux qui ne semblent pas près de disparaître.

Il n’a pas lieu de s’inquiéter, a répondu le premier ministre à une audience de gens d’affaires américains: les autres secteurs de l’économie canadienne se portent bien, les déficits sont raisonnables et il est maintenant temps d’investir dans les infrastructures du pays.

«Je pense que les pays confiants et optimistes, comme les entreprises confiantes et optimistes, devraient toujours investir dans leur futur, parier sur leur futur, a déclaré M. Trudeau devant la chambre de commerce des États-Unis durant une séance de questions et réponses, jeudi. Savoir que des jours encore plus beaux nous attendent et que nous devrions nous préparer pour cela.»

Une éclaircie s’est justement produite au même moment: les nouveaux chiffres concernant le produit intérieur brut du Canada publiés jeudi montrent que la croissance économique a connu en janvier sa plus importante hausse mensuelle des trois dernières années.

Il s’agit du troisième voyage de Justin Trudeau à Washington en un mois. Cette fois-ci, il s’est rendu dans la capitale américaine pour participer à un sommet international sur la sécurité nucléaire et a profité de l’occasion pour s’adresser à la chambre de commerce des États-Unis ainsi que rencontrer le premier ministre japonais et le président argentin.

Jeudi, M. Trudeau s’est fait demander s’il espérait que la prochaine administration américaine approuverait une nouvelle version du projet d’oléoduc Keystone XL, qui est devenu un objet de discorde entre le Canada et les États-Unis au cours des dernières années.

«Écoutez, ce n’est pas une proposition émanant du gouvernement du Canada, a-t-il répliqué. J’ai dit à plusieurs reprises qu’une des tâches les plus importantes du premier ministre canadien était de s’assurer que nos ressources se rendent jusqu’aux marchés. Mais faire cela au XXIe siècle, cela signifie le faire de manière responsable, durable, éthique, en pensant à long terme. Nous n’avons pas fait un très bon travail durant la dernière décennie en ce qui a trait à mettre de l’avant notre compréhension des responsabilités environnementales et mondiales liées à cela.»

Le premier ministre canadien a pris la parole devant un groupe étroitement lié au Parti républicain et qui a tendance à soutenir la formation politique avec des contributions et des publicités. Parmi l’assistance figuraient des représentants gouvernementaux et de grandes entreprises comme Google, Amazon, Ford, Coca-Cola et General Electric.

Durant son discours, Justin Trudeau a vanté ses réductions d’impôts pour la classe moyenne et son projet de hausser les dépenses en matière d’infrastructures. Il n’a toutefois pas mentionné les déficits ou l’absence d’échéancier pour les éliminer avant que le modérateur n’aborde le sujet un peu plus tard.

Le vice-président de la chambre, Myron Brilliant, a exhorté le gouvernement libéral à faire sienne une autre des priorités de l’organisation, soit le Partenariat transpacifique (PTP). M. Trudeau a chanté les louanges des ententes de libre-échange en général, mais ne s’est pas engagé à adopter le PTP, qui fait actuellement l’objet d’une évaluation au Canada.