Justin Trudeau veut en faire plus pour éliminer le harcèlement des lieux de travail

OTTAWA — Justin Trudeau a déclaré vendredi que le fait que l’amiral Art McDonald se soit retiré du poste de chef d’état-major de la défense pendant que la police militaire enquête sur des allégations d’inconduite démontre à quel point ces cas sont pris au sérieux.

Mais le premier ministre estime qu’il faut en faire plus pour s’assurer que les lieux de travail soient exempts de harcèlement et d’intimidation.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a déclaré mercredi soir que l’amiral McDonald s’était «volontairement retiré de ses fonctions» pendant que la police militaire enquêtait sur des allégations non précisées. L’amiral est en congé avec solde. 

M. McDonald a succédé le mois dernier au général Jonathan Vance, qui fait actuellement lui-même, depuis, l’objet d’une enquête après des allégations de comportement inapproprié. M. Vance a nié tout acte répréhensible et l’amiral McDonald n’a pas commenté les allégations. 

C’est le commandant de l’armée de terre, le lieutenant-général Wayne Eyre, qui assure l’intérim. 

Interrogé sur cette nouvelle affaire, vendredi, M. Trudeau, comme il l’avait fait pour le général Vance et pour la gouverneure générale, Julie Payette, a indiqué qu’il était important que chaque personne qui travaille au sein du gouvernement ou dans l’armée ait le droit «à un environnement sain et libre de harcèlement et d’intimidation». 

«Nous allons toujours prendre ça au sérieux et je pense qu’on a démontré — et ce que le chef d’état-major de la défense a démontré quand il a choisi de se retirer de son poste pendant que l’enquête est en cours —, c’est que personne n’est à l’abri d’allégations ou d’être pris au sérieux, de faire des suivis sur des préoccupations et des situations comme ça,» a-t-il dit.

«Nous allons nous assurer que chaque fois que quelqu’un avance avec des préoccupations, avec des histoires, on les adresse, on suit un processus rigoureux et responsable pour que les gens soient entendus et appuyés, et qu’en même temps, on travaille encore plus fort pour transformer nos systèmes, nos institutions, pour bien mettre fin à ces histoires qui sont toujours troublantes.»

Un organisme indépendant pour les plaintes?

Le chef conservateur, Erin O’Toole, a de son côté promis qu’un gouvernement conservateur ordonnerait une enquête indépendante sur les inconduites sexuelles dans l’armée. Pendant la durée de cette enquête, toutes les promotions et augmentations des officiers généraux seraient suspendues, a-t-il dit en conférence de presse vendredi.

La juge à la retraite de la Cour suprême Marie Deschamps avait déjà réalisé une enquête indépendante, qui concluait en 2015 à une «culture sous-jacente de la sexualisation» au sein des Forces armées. Qu’est-ce qu’une autre enquête indépendante apporterait de plus? 

«On doit avoir une enquête indépendante spécifique sur les allégations (…) et après les deux chefs d’état-major et des enquêtes sur les deux, on doit avoir un processus clair, transparent et indépendant», a indiqué M. O’Toole. 

«Un gouvernement conservateur mettra également des politiques en place pour garantir que les futures plaintes seront déposées auprès d’un organisme externe indépendant, n’étant pas soumises à la chaîne de commandement», a-t-il précisé dans un communiqué.

Lorsqu’on a lui a demandé s’il avait été au courant des allégations contre le général Vance en 2015 alors qu’il était au conseil des ministres de Stephen Harper, M. O’Toole a indiqué que ses «préoccupations ne concernent pas une seule personne, particulièrement après les allégations contre les deux derniers chefs d’état-major». 

«C’est pourquoi on doit avoir un processus juste et transparent et indépendant parce qu’on doit envoyer un message clair à tous les Canadiens qu’on va protéger les Canadiens en uniforme. Comme ancien combattant moi-même, comme père de famille, ce sera une priorité pour moi comme premier ministre.»

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