Kamala Harris fait l’objet de plus de désinformation que Mike Pence

CHICAGO — Bien avant que le candidat démocrate à l’élection présidentielle Joe Biden ne l’ait choisie comme colistière, Kamala Harris était la cible d’une désinformation généralisée en ligne.

Certaines publications sur les réseaux sociaux comprenaient des affirmations racistes selon lesquelles elle n’était pas admissible à diriger la Maison Blanche ou elle mentait sur son héritage noir et indien. Sa mère est indienne et son père, jamaïcain.

Depuis qu’elle est devenue candidate à la vice-présidence, Kamala Harris a été au centre de campagnes de désinformation en ligne beaucoup plus souvent — quatre fois plus — que les hommes blancs qui ont fait campagne pour le même poste, selon un rapport de la société de renseignement médiatique Zignal Labs, qui a été partagé en exclusivité à l’Associated Press.

«Les récits liés à Kamala Harris se sont concentrés beaucoup plus sur son identité personnelle, en particulier en tant que femme de couleur», a déclaré Jennifer Granston, responsable des analyses chez Zignal Labs.

Depuis juin, la firme a découvert plus d’un million de mentions de Mme Harris sur Twitter, avec des mots-clics ou des termes associés à de la désinformation à son sujet. Les mentions incluent des vérifications de faits qui ont réfuté les fausses informations, mais celles-ci ne représentaient qu’une petite partie de ces échanges.

Près de 300 000 de ces mentions concernaient l’admissibilité de Kamala Harris à la présidence, selon les conclusions de Zignal Labs. L’AP avait trouvé cette fausse déclaration circulant en ligne en janvier 2019, lorsque Mme Harris a annoncé qu’elle se présentait à la présidence.

L’affirmation fausse a connu un regain de popularité, cependant, en août, lorsque le président Donald Trump l’a élevée de son podium présidentiel.

Le certificat de naissance de Kamala Harris montre qu’elle est née le 20 octobre 1964 à Oakland, en Californie, ce qui la rend admissible pour être vice-présidente ou présidente. Les discussions sur les réseaux sociaux autour de l’admissibilité de Mme Harris ont décliné après avoir été «éclipsées» par les vérifications des faits des agences de presse qui l’ont démentie, a ajouté Mme Granston.

Il y a eu une énorme augmentation des conversations sur les médias sociaux autour des candidats à la vice-présidence cette année, par rapport à la campagne de 2016. De juillet à octobre, Kamala Harris et le vice-président républicain Mike Pence ont été mentionnés près de 48 millions de fois sur Twitter, contre seulement 12 millions de mentions de M. Pence et du sénateur de la Virginie Tim Kaine, qui était le candidat démocrate à la vice-présidence il y a quatre ans.

La désinformation représentait moins de 1 % des discussions sur Twitter lorsque MM. Pence et Kaine se présentaient en 2016. Il en va de même pour M. Pence cette année, la plupart des affirmations trompeuses autour de lui étant centrées sur l’idée qu’il soutient les thérapies de conversion pour les gais, ce qu’il a nié plusieurs fois.

Mais la désinformation autour de Mme Harris a été plus répandue, représentant plus de 4 % des échanges sur Twitter, a constaté Zignal Labs.

Plusieurs messages sexistes ou racistes ont circulé en ligne à propos de Kamala Harris, qui est la première femme noire et d’origine indienne à se présenter à la vice-présidence, a souligné Nina Jankowicz, chercheuse en désinformation au Wilson Center, une organisation non partisane.

Certains de ces messages sur les réseaux sociaux soutiennent l’idée que Mme Harris, une sénatrice californienne, a utilisé ses relations amoureuses pour faire avancer sa carrière. Ce récit a gagné en popularité avec des mots-clics comme #HeelsUpHarris, qui est régulièrement utilisé par des influenceurs conservateurs qui comptent des millions d’adeptes. Zignal Labs a trouvé près de 350 000 mentions sur Twitter, de mots-clics ou de termes liés à ce récit.

Et Mme Jankowicz a découvert des dizaines de mèmes circulant sur Facebook, Twitter et Instagram qui superposent des photos de Kamala Harris sur des images de travailleuses du sexe ou qui utilisent des insultes sexistes pour la décrire. Ses recherches préliminaires montrent que lors du débat vice-présidentiel du 7 octobre, les mots-clics utilisant des termes sexuels ou violents à l’endroit de Mme Harris ont grimpé en flèche sur les plateformes de médias sociaux marginales comme Parler (631 %) et 4chan (1078%).

«Maintes et maintes fois, lorsque nous voyons ces récits être utilisés contre des femmes dans la vie publique, cela vise à prendre des femmes puissantes et respectées et à les rabaisser», a analysé Mme Jankowicz.

Laisser un commentaire