Une course au Sénat très serrée dans un État rouge depuis 1932

Les républicains doivent mettre les bouchées doubles au Kansas où ils n’ont pas perdu de course au Sénat depuis 1932.

KANSAS CITY, Kan. — Les républicains qui croyaient que Roger Marshall, élu du Kansas à la Chambre des représentants, gagnerait sans problème un siège au Sénat trouvent que la course est tout sauf facile.

Les groupes qui appuient le Parti républicain investissent des millions de dollars pour aider Roger Marshall à remporter ce qui était censé être un siège républicain sûr et éviter qu’il ne tombe aux mains d’une ancienne républicaine qui a tourné le dos à son parti.

Comme d’autres candidats démocrates à travers le pays, la sénatrice Barbara Bollier a été en mesure de collecter beaucoup d’argent pour sa campagne et les sommes qu’elle a amassées sont quatre fois plus élevées que celles récoltées par Roger Marshall au cours des trois derniers mois. Cette situation oblige les groupes de financement du Parti républicain à dépenser beaucoup plus d’argent que prévu.

Les républicains doivent mettre les bouchées doubles dans cet État où ils n’ont pas perdu de course au Sénat depuis 1932.

Cela montre à quel point les démocrates sont énergiques dans leur tentative de renverser la majorité républicaine au Sénat (53 républicains contre 47 démocrates actuellement) et comment le vote contre le président Donald Trump pourrait être un facteur même dans les États qu’il devrait gagner le jour des élections.

«J’essaie de convaincre les gens de voter pour Roger Marshall, mais je ne devrais pas avoir à le faire», a déclaré Tim Shallenburger, ancien président du Parti républicain du Kansas. «Cela devrait être une évidence dans une course au Sénat.»

Barbara Bollier était une républicaine modérée de longue date avant de changer de parti à la fin de 2018. Son discours aux électeurs modérés, dans lequel elle fait valoir qu’elle est une centriste indépendante, fait appel à certains républicains qui, comme elle, soutiennent le droit à l’avortement et les mesures de contrôle des armes à feu et sont dégoûtés par Donald Trump.

Un espace inoccupé au centre de l’échiquier

Angela Gegen, une employée des postes à la retraite de 61 ans de Wichita, a fait des dons de 25 $ aux candidats démocrates, même si elle est une républicaine enregistrée. Elle se porte également volontaire pour une campagne pour la première fois, en faisant des appels téléphoniques en faveur de Barbara Bollier.

«Il y a beaucoup d’espace au centre de l’échiquier que les républicains ne veulent plus occuper», a-t-elle estimé.

La course est serrée selon un sondage du «New York Times» et du Siena College publié jeudi, qui indique que Roger Marshall obtient la faveur de 46 % des électeurs, contre 42 % pour Barbara Bollier.

C’est aussi de loin la course politique la plus chère de l’histoire du Kansas. Les campagnes de M. Marshall et Mme Bollier et les groupes extérieurs devraient dépenser plus de 52 millions de dollars d’ici le jour du scrutin, selon la firme Kantar/CMAG. Cela reviendrait à environ 28 $ par électeur inscrit. Du côté de Roger Marshall, 27,6 millions de dollars sur les 30 millions à dépenser proviennent de groupes de financement du Parti républicain.

La pandémie de coronavirus et l’impopularité de Donald Trump auprès de nombreux électeurs pèsent sur les républicains du Kansas.

Roger Marshall, un obstétricien, a qualifié cette semaine le Parti démocrate de «parti qui oblige le masque», après qu’au moins la moitié de la foule lors d’un événement politique à Kansas City ne portait pas de masques. Il a fait valoir que les gens voyaient que «nous gagnons cette bataille», même si le Kansas connaît sa pire augmentation de nouveaux cas de coronavirus et présente l’un des taux de positivité à la COVID-19 les plus élevés du pays.

Barbara Bollier, une anesthésiste à la retraite, est d’avis que Roger Marshall ignore la science.

Roger Marshall soutient Donald Trump et assure que le président reste populaire dans l’État qu’il a gagné avec près de 21 points de pourcentage de plus que son adversaire il y a quatre ans. Mais le sondage du «New York Times» et du Siena College indique que Donald Trump est le choix de 48 % des électeurs probables du Kansas interrogés, alors que le démocrate Joe Biden obtient 41 %.

La course au Sénat n’était pas censée être si difficile pour les républicains. Lorsque le sénateur républicain Pat Roberts, après quatre mandats, a annoncé sa retraite et que les efforts pour attirer le secrétaire d’État Mike Pompeo dans la course ont échoué, les dirigeants nationaux du Parti républicain ont fait pression pour que l’investiture aille à Roger Marshall plutôt qu’à l’ancien secrétaire d’État Kris Kobach. Les dirigeants craignaient que Kris Kobach, un partisan de la ligne dure conservatrice, ne perde aux mains de démocrates.

Roger Marshall, selon ce raisonnement, a une base politique solide dans son district du Congrès du centre et de l’ouest du Kansas, et les républicains bénéficient d’un avantage significatif dans l’inscription des électeurs dans tout l’État.

Les démocrates doivent gagner au moins trois sièges pour remporter une majorité au Sénat si Joe Biden est élu, ou quatre si Donald Trump remporte un deuxième mandat, car le vice-président peut voter en cas d’égalité.

Selon Ashlee Rich Stephenson, directrice politique nationale de la Chambre de commerce américaine, pour les démocrates, «c’est peut-être la meilleure chance qu’ils ont eue depuis longtemps» dans cet État rouge foncé.

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