Karim Ouellet serait mort d’une acidocétose diabétique, un décès naturel

MONTRÉAL — Le chanteur Karim Ouellet serait mort en novembre d’une acidocétose diabétique dans un contexte de consommation de métamphétamines.

C’est là la conclusion de la coroner Sophie Régnière, dans un rapport rendu public mercredi sur les circonstances de la mort du chanteur à l’âge de 37 ans.

Le rapport précise que le décès serait survenu le 15 novembre 2021.

Le corps de Karim Ouellet n’a été retrouvé que deux mois plus tard, le 17 janvier 2022, après que le propriétaire du studio où il logeait eut appelé le 911 à la suite de plaintes pour odeur nauséabonde.

Selon la coroner, les policiers et les ambulanciers ont retrouvé le corps du chanteur «en début de momification». Aucune trace de violence ou d’effraction n’a été constatée.

Karim Ouellet était atteint de diabète de type 1, précise-t-on dans le document daté du 31 mai. L’acidocétose diabétique est une complication qui s’observe souvent chez les personnes dont le diabète est mal contrôlé.

Dans le cas de Karim Ouellet, il connaissait bien sa condition et ses complications potentielles, mais selon ses dossiers médicaux, il peinait à respecter ses traitements et à accepter son diabète, et ce, depuis l’adolescence.

Le chanteur avait été hospitalisé à deux reprises en mai 2020, notamment suite à une acidocétose diabétique et il avait mentionné au médecin ne pas avoir pris son insuline depuis le mois de mars précédent. 

«Toutefois, la réalité était beaucoup plus sombre: il avait cessé de prendre soin de sa condition médicale depuis près d’un an», écrit Mme Régnière.

Le 31 octobre 2021, après avoir été trouvé inconscient, il a été admis à l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Québec, «cette fois en hypoglycémie sévère et en état d’intoxication». Il a signé un refus de traitement, «malgré l’insistance des infirmières quant à la nécessité qu’il voit l’endocrinologue», peut-on lire dans le rapport. Il a donc quitté l’hôpital le même jour.

Le rapport souligne que le chanteur avait commencé à consommer de la cocaïne de façon récréative en 2019, pour laquelle il a «rapidement développé une dépendance». En contexte de consommation, sa prise d’insuline était plus erratique, affirme-t-on.

Il n’y a pas de trace de cocaïne dans les milieux biologiques analysés. «On ne peut donc pas tirer de conclusion sur la prise ou non de cette drogue compte tenu de son instabilité post-mortem, mais également de l’état du corps», indique le rapport.

Selon les analyses toxicologiques, la présence de méthamphétamines a été détectée dans le sang, et la présence en concentration élevée de corps cétoniques, des substances produites une fois qu’il n’y a plus de glucose disponible, a aussi été détectée. Aucune autre substance n’a été détectée, affirme-t-on.

La coroner indique que l’acidocétose diabétique, si elle n’est pas traitée, conduit à un déséquilibre électrolytique et éventuellement à un coma et qui entraîne le décès en quelques heures. 

Par contre, cette affection grave s’installe en quelques jours et «un diabétique qui a été bien éduqué sur sa maladie a le temps de prévenir une acidocétose sévère».

Séquence des événements

Le rapport établit une séquence des événements jusqu’à la découverte du corps par les policiers et les ambulanciers.

Karim Ouellet a été vu pour la dernière fois vivant au cours du mois de novembre 2021 par d’autres locataires du même immeuble où il louait un studio de musique.

Le 4 janvier 2022, un membre de la famille de M. Ouellet a contacté le propriétaire du studio afin de demander des nouvelles; le propriétaire a fait des vérifications et il a noté que celui-ci n’avait pas payé son loyer des deux derniers mois, sans s’inquiéter davantage, peut-on lire dans le rapport.

Le 17 janvier, vers 21 h 45, le propriétaire a finalement contacté le 911 à la suite de plaintes pour odeur nauséabonde. Il a alors fait le lien entre les loyers impayés et les plaintes reçues et «il a craint le pire, connaissant l’état de santé de M. Ouellet».

Les policiers, accompagnés des ambulanciers, sont arrivés quelques minutes plus tard. Ils sont entrés dans le studio, puisque la porte était déverrouillée. Ils ont trouvé Karim Ouellet qui gisait au sol, sur le dos.

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