Kim Jong Un va rencontrer Vladimir Poutine à un moment crucial pour la diplomatie

SÉOUL, Corée, République de — La Corée du Nord a confirmé mardi que son leader, Kim Jong Un, se rencontrerait prochainement le président Vladimir Poutine, en Russie, pour un sommet qui survient à un moment crucial des démarches diplomatiques visant à débarrasser l’État totalitaire de son arsenal nucléaire.

Jusqu’ici, la Corée du Nord n’a pas obtenu ce qu’elle réclame à la suite de la récente vague de tête-à-tête de haut niveau entre Kim Jong Un et divers dirigeants de la planète, soit l’annulation des lourdes sanctions économiques qui l’étouffent.

Certains craignent qu’un récent exercice militaire en Corée du Nord et une série d’accrochages avec Washington sur l’impasse des négociations sur l’enjeu du nucléaire mènent Pyongyang à un retour aux essais de missiles nucléaires et à longue portée. Un comportement qui faisait craindre à une guerre en Asie en 2017.

L’Agence de presse officielle nord-coréenne, dirigée par le gouvernement, a publié une déclaration laconique de deux phrases, affirmant que Kim «se rendra bientôt en visite en Fédération de Russie» et que Vladimir Poutine et lui «auront des discussions».

La date prévue de la réunion n’a pas été dévoilée et il n’a pas été précisé si Kim allait s’y rendre en avion ou à bord de son train blindé. Selon certaines indications, le sommet aurait lieu cette semaine dans le port de Vladivostok, à l’extrême est du pays, non loin de la frontière avec la Corée du Nord.

Le Kremlin a déclaré dans une brève déclaration la semaine dernière que Kim Jong Un serait en Russie «dans la deuxième moitié du mois d’avril», sans donner plus de détails.

On ne sait pas comment – ni même si – Vladimir Poutine va aborder les pourparlers sur le nucléaire, qui sont au point mort. La visite pourrait avoir davantage à voir avec les intérêts économiques de chaque pays.

La Russie est intéressée par un accès plus large aux ressources minérales de la Corée du Nord, y compris les métaux rares. Pyongyang, de son côté, convoite l’approvisionnement en électricité de la Russie et veut attirer des investissements russes pour moderniser ses installations industrielles, ses chemins de fer et ses autres infrastructures en ruine.