La Banque de l’infrastructure du Canada a maintenant son c.a.

Ottawa a dévoilé jeudi l’identité des dix administrateurs qui veilleront aux destinées de la nouvelle Banque de l’infrastructure du Canada.

Le conseil d’administration comprend des gestionnaires, des chefs d’entreprises et une ancienne leader autochtone, mais aussi un ancien dirigeant d’Aéroports de Montréal, d’anciens collaborateurs de la Caisse de dépôt et placement du Québec et un ex-maire de Calgary.

Les libéraux de Justin Trudeau promettaient que leur nouvelle Banque de l’infrastructure du Canada (BIC) serait fin prête d’ici la fin de l’année. Le conseil d’administration, présidé par Janice Fukakusa, qui a oeuvré 31 ans à la Banque Royale, aidera maintenant le gouvernement Trudeau à choisir la personne qui dirigera au jour le jour la BIC, à son siège social de Toronto. 

Le conseil d’administration dévoilé jeudi comprend Michèle Colpron, qui a été notamment vice-présidente à la Caisse de dépôt pendant 12 ans, et qui siège aujourd’hui au conseil d’administration du Fonds de solidarité FTQ. Elle sera accompagnée d’un autre ancien de la Caisse de dépôt, Bruno Guilmette.

Un troisième Québécois, l’ancien président-directeur général des Aéroports de Montréal James Cherry, fera aussi partie du conseil. M. Cherry avait oeuvré auparavant chez Alstom Transport, CAE, Bombardier et Oerlikon.

Le conseil d’administration de la BIC sera aussi composé de l’ex-maire de Calgary David Bronconnier, de la gestionnaire autochtone de Colombie-Britannique Kimberly Baird, et de gestionnaires de Toronto, de Saskatchewan, de Colombie-Britannique et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Projets autochtones

La Banque de l’infrastructure, dotée d’un budget initial de 35 milliards $ du gouvernement fédéral, se servira de ces sommes pour attirer des investissements privés dans de grands projets d’infrastructure au pays. Les libéraux espèrent que cet effet de levier permettra de tripler ou de quadrupler l’investissement public.

Pour être admissibles, les projets devront générer des revenus, afin d’assurer un rendement aux investisseurs privés: les routes, les ponts, les systèmes hydrauliques et les transports publics devront donc être assujettis à des tarifs, pour dégager une part de recettes.

La présidente du conseil a par ailleurs indiqué jeudi que la Banque pourrait aussi appuyer des projets moins ambitieux, mais qui seraient pressants dans certaines communautés autochtones — eau potable, logements salubres, internet haut débit.

Seulement dans les réserves des Premières Nations, on estime qu’il en coûterait jusqu’à 40 milliards $ pour réparer ou remplacer les infrastructures désuètes. Les libéraux espèrent un coup de pouce du secteur privé: plus tôt ce mois-ci, la ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott, a lancé un appel aux entreprises afin qu’elles collaborent avec les communautés autochtones pour concevoir et financer des projets, mais assumer aussi une partie des risques.

Mme Fukakusa ajoute que la BIC pourrait aller un peu plus loin, en prenant par exemple le projet d’une communauté et en l’étendant à d’autres localités, afin de susciter l’intérêt des grands investisseurs institutionnels, «qui sont toujours à l’affût de ce genre de dynamique».