La campagne de Noël de l’Armée du Salut en sérieuses difficultés

MONTRÉAL — Les bénévoles de l’Armée du Salut qui, cloche à la main, sollicitent les dons pour les plus démunis au cœur des centres-villes et dans les commerces font partie du décor de Noël. Mais pas cette année. Une situation qui ampute considérablement cette importante source de financement de l’organisme.

Au Québec, l’Armée du Salut prévoit amasser à peine plus de 100 000 $, soit la moitié de la somme recueillie l’an dernier.

«Je n’ai jamais vu ça. Surtout avec un écart aussi important», nous confie Brigitte St-Germain, la porte-parole pour la province.

Conséquence: «L’Armée du Salut, pour une des rares fois dans son existence, n’est pas en mesure d’aller chercher l’argent dont elle a besoin pour l’année à venir» pour les banques alimentaires, résume-t-elle.

La situation est d’autant plus préoccupante que la demande explose pour les services de banque alimentaire. À Montréal, la demande a «facilement doublé». À Québec, elle a triplé. Et le résultat est semblable dans les autres régions.

L’organisme attribue cette hausse aux conséquences de la pandémie. «Les travailleurs ont perdu leur emploi, ont baissé leur nombre d’heures, dit Mme St-Germain. C’est la première fois qu’ils viennent dans une banque alimentaire.»

Déjà que plusieurs commerces avaient refusé que l’Armée du Salut ait des bénévoles sur place cette année en raison des enjeux sanitaires, avec le fait qu’il y a moins de gens dans les magasins cette année, l’organisation a pris la «décision difficile» la semaine dernière de carrément retirer ceux qui se trouvaient à côté de ses marmites dans les zones rouges.

Plusieurs bénévoles ont dit craindre pour leur santé en raison de l’affluence ou préféraient éviter de se présenter, a expliqué Mme St-Germain.

Dans les points de collecte, et il y en a deux fois moins que l’an dernier, les marmites sont désormais équipées d’un appareil qui collecte un don de 5 $ lorsque les gens y tapent leur carte de crédit ou de débit, ce qui permet de les laisser sans la présence d’un bénévole.

Ce n’est toutefois pas une formule magique. «Le tiptap, s’il est là et qu’il n’y a personne pour encourager les gens à venir faire un don, les gens vont passer à côté ou ne la verront pas», note Mme St-Germain.

Étant donné que l’organisme n’obtiendra «vraisemblablement» pas les fonds dont il a besoin, il compte redoubler d’efforts pour approcher les entreprises et les fondations au cours des prochains mois.

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