La CAQ de François Legault formera un gouvernement largement majoritaire

Un vent de changement a soufflé fort sur le Québec lundi.

La Coalition avenir Québec (CAQ) formera le prochain gouvernement du Québec et il sera fortement majoritaire.

Le chef de la CAQ, François Legault, succédera donc au chef libéral Philippe Couillard, qui a mordu la poussière, n’ayant pas réussi à convaincre les électeurs de lui confier un second mandat.

C’est la première fois depuis 1976 qu’un parti n’ayant jamais formé le gouvernement remporte la victoire. La CAQ, créée en 2011 par François Legault, aura mis seulement sept ans à prendre le pouvoir.

M. Legault a gagné son pari en misant sur l’insatisfaction envers le gouvernement Couillard et la volonté de changement exprimées par la population depuis plusieurs mois. Il avait d’ailleurs fait du «changement» son slogan de campagne.

La CAQ a pris l’avance dès le début de la soirée, après la fermeture des bureaux à 20 heures.

À 23h00, 72 candidats de la CAQ étaient déclarés élus et deux étaient en avance pour une possibilité de 74 sièges.

Le chiffre magique pour former un gouvernement majoritaire était de 63 sièges.

«Aujourd’hui, on a marqué l’histoire», a commenté M. Legault, en montant sur scène, à Québec, devant des centaines de militants survoltés.

Plusieurs têtes d’affiche de la CAQ ont été déclarées élues rapidement, en début de soirée: Geneviève Guilbault (Louis-Hébert), Éric Caire (La Peltrie), François Legault (L’Assomption), François Paradis (Lévis), Youri Chassin (Saint-Jérôme), François Bonnardel (Granby), Nathalie Roy (Montarville), Christian Dubé (La Prairie).

Le nouveau caucus caquiste comptera 26 femmes.

À 23h00, le PLQ avait 31 élus et un candidat en avance pour un total de 32. Le chef libéral a été réélu dans Roberval, mais plusieurs ministres et députés ont été défaits, emportés par la vague caquiste.

Prenant acte de la défaite, une des plus cuisantes jamais enregistrées par le PLQ, M. Couillard a dit amorcer une courte période de réflexion sur son avenir personnel. On peut s’attendre à le voir tirer sa révérence dans les jours qui viennent.

La CAQ a raflé 37,7 pour cent du vote, le PLQ 24,6 pour cent, le PQ 17,1 pour cent et QS, 15,9 pour cent.

Le Parti québécois a connu une très dure soirée, ayant subi la pire défaite des dernières décennies. Le chef Jean-François Lisée a été défait dans Rosemont par Vincent Marissal de Québec solidaire. Les forteresses péquistes, comme Taillon, Verchères, Hochelaga-Maisonneuve et Pointe-aux-Trembles, sont tombées les unes après les autres.

À 23h00, le (PQ) avait sept élus, deux candidats en avance pour un total de neuf. Il était loin d’être assuré d’atteindre le seuil minimal pour être reconnu à l’Assemblée nationale, soit 12 sièges. 

Durant la campagne, le PQ n’aura pas réussi à se faire menaçant, ne dépassant jamais le seuil de 20 pour cent d’appui, selon les sondages.

Le chef, Jean-François Lisée, a pris la responsabilité de la défaite et annoncé aussitôt son départ.

Des quatre partis, Québec solidaire a connu la plus forte progression durant la campagne, passant d’environ 7 ou 8 pour cent à 15, voire 16 pour cent des intentions de vote en fin de course.

À 23h00, Québec solidaire avait neuf candidats élus, un en avance pour un total de 10. Les deux coporte-parole, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, ont été réélus. QS a fait une première percée en dehors de Montréal, à Québec, en Estrie et en Abitibi-Témiscamingue.

Le premier ministre Justin Trudeau a réagi aux résultats par voie de communiqué en disant qu’il était «impatient de collaborer avec le premier ministre Legault pour faire rayonner encore davantage la province dont nous sommes tous fiers».

Jusqu’à la fin de la campagne, le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) s’étaient livré une lutte de tous les instants, récoltant chacun en fin de course environ 30 pour cent des intentions de vote.

Le Parti québécois (PQ) n’aura pas réussi à se faire menaçant, ne dépassant jamais le seuil de 20 pour cent d’appui, selon les maisons de sondages, qui n’ont pas prédit l’ampleur des changements à venir.

Au moment de sa dissolution de la Chambre, le 23 août dernier, l’Assemblée nationale cédait 68 sièges au Parti libéral du Québec (PLQ), qui formait depuis avril 2014 un gouvernement majoritaire, l’opposition officielle était formée par le Parti québécois (PQ), avec 28 sièges. La Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault devenait le deuxième groupe d’opposition avec 21 sièges, tandis que Québec solidaire en avait trois. Cinq députés étaient indépendants.

Lors du dernier scrutin, le 7 avril 2014, le PLQ avait accaparé 41 pour cent du vote populaire avec 70 sièges, contre 25 pour cent au PQ (30 sièges) et 23 pour cent à la CAQ (22 sièges), tandis que QS n’avait obtenu l’appui que de 7 pour cent des électeurs, raflant trois sièges.

Lundi, à 16 heures, donc quatre heures avant la fin, le taux de participation atteignait 40,7 pour cent.

En 2014, seulement 71 pour cent des électeurs s’étaient prévalus de leur droit de vote.

Les plus populaires