La carcasse d’un rorqual bleu s’échoue au Cap-Breton

PORT HAWKSBURY, N.-É. — La mort d’un jeune rorqual bleu, une espèce menacée, au large du Cap-Breton attire l’attention d’un expert qui se demande s’il s’agit de la plus récente victime d’une collision mortelle avec un navire dans le golfe du Saint-Laurent.

La carcasse a été repérée la semaine dernière à Sutherland’s Cove, à environ six kilomètres au nord de Port Hawkesbury, en Nouvelle-Écosse. La Marine Animal Response Society, à Halifax, affirme qu’il s’agit d’un jeune animal mesurant près de 17 mètres de long.

Pêches et Océans Canada n’avait pas encore confirmé, mardi, que la carcasse serait remorquée vers un endroit approprié pour procéder à une nécropsie.

Richard Sears, un biologiste de la Station de recherche des îles Mingan, dont le siège se trouve à Saint-Lambert, a expliqué mardi qu’il était important de déterminer la cause de la mort de l’animal.

M. Sears, qui étudie le rorqual bleu depuis 41 ans, a précisé que les cétacés sont menacés par les collisions avec des navires et les empêtrements dans le matériel de pêche dans le golfe du Saint-Laurent.

On croit aussi que les bruits sous-marins et les polluants nuisent à la population du rorqual, a-t-il dit.

«Ça ne ferait pas de mal de faire une nécropsie pour voir ce qui l’a tué, a-t-il estimé lors d’une entrevue. S’ils font une nécropsie, je pense que les chances sont bonnes qu’ils trouvent un squelette endommagé, et c’est probablement une collision avec un navire.»

Il a ajouté que des photos permettent de croire que l’animal était en bonne santé avant sa mort.

Le rorqual bleu est le plus gros animal de la planète et peut vivre 70 ou 80 ans.

De faibles taux de reproduction

Un plan fédéral de rétablissement de l’espèce est en vigueur le long de la côte est du Canada depuis plus de 17 ans. Les chercheurs du gouvernement fédéral estiment que la population de rorquals bleus ne compte pas plus de 250 individus.

M. Sears a déclaré qu’outre les causes de mortalité d’origine humaine, son équipe était préoccupée par les taux de reproduction relativement faibles des rorquals bleus dans le golfe du Saint-Laurent. Il a indiqué que l’année dernière, sept ou huit naissances avaient été enregistrées dans le golfe, mais que les autres années, il y en avait eu entre une et trois.

«Les rorquals bleus augmentent peut-être lentement dans les eaux de l’est du Canada, mais il existe encore des tendances inquiétantes (…) Nous avons à peine vu 31 veaux en 41 ans d’observation», a-t-il précisé.

Le scientifique croit que des limitations de vitesse des navires devraient être en place dans tout le golfe, plutôt que seulement dans certains secteurs.

«Au fond, le Saint-Laurent est comme une immense réserve faunique, et ralentir les navires à un endroit ne signifie pas qu’ils ne frapperont pas un animal à un autre», a-t-il dit.

Au cours des dernières années, on s’est surtout inquiété de la baleine noire de l’Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition. Huit baleines noires sont mortes dans les eaux canadiennes cet été, sur une population d’environ 400 individus.

Le gouvernement fédéral a pris des mesures après la mort de 12 baleines noires en 2017, notamment en modifiant les couloirs de navigation et en réduisant la vitesse des navires dans certaines zones.

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