La Centrale des syndicats du Québec perd 5000 membres au profit de la FAE

MONTRÉAL — La Centrale des syndicats du Québec vient de perdre 5000 membres, tous dans la région de Québec, qui ont choisi de s’affilier à la Fédération autonome de l’enseignement.

Le Syndicat de l’enseignement de la région de Québec avait exprimé son insatisfaction il y a plusieurs mois déjà; il avait même tenu un référendum au sein de ses membres pour se désaffilier de la CSQ. L’affaire s’était retrouvée devant les tribunaux.

Finalement, le litige s’est conclu par un dépouillement des votes devant huissier jeudi, a relaté Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne vendredi.

La Fédération autonome de l’enseignement, une organisation syndicale qui n’est liée à aucune centrale, comptera donc désormais plus de 43 000 enseignants, notamment à Montréal, Québec, Laval et Gatineau.

La Centrale des syndicats du Québec compte 200 000 membres. Elle représente non seulement des enseignants, mais également des professionnels de l’éducation (orthophonistes, psychoéducateurs et autres) de même que des employés de soutien scolaire.

À l’origine, la FAE est d’ailleurs née de syndicats qui avaient quitté la CSQ, surtout parce qu’ils étaient insatisfaits des résultats de la négociation des secteurs public et parapublic.

La CSQ et le Syndicat de l’enseignement de la région de Québec ont signé une entente de confidentialité; ils ne commentent donc pas le sujet.

Une source à la CSQ a toutefois indiqué que la centrale assurerait correctement le suivi des dossiers et que les ex-membres du syndicat de Québec n’avaient donc pas à s’inquiéter.

Ils se sont reconnus en nous

M. Mallette s’est dit heureux d’accueillir dans ses rangs ces 5000 nouveaux membres et n’a pas voulu pavoiser au détriment de la CSQ.

«Ils se sont reconnus en nous, dans le discours qu’on tient, dans les gestes qu’on pose. Et ils en sont arrivés à la conclusion que la FAE pouvait mieux représenter les membres que l’organisation qu’ils ont quittée. Et nous, on se reconnaît aussi dans les membres du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec. Ce sont des gens combatifs, imaginatifs, revendicateurs», a-t-il résumé.

La CSQ fait traditionnellement partie du front commun intersyndical lors des négociations des secteurs public et parapublic, mais pas la FAE. Néanmoins, M. Mallette se dit convaincu que ses membres pourront tirer leur épingle du jeu et négocier leurs salaires.

«Il y a une grande illusion au Québec qui veut laisser croire qu’il n’y a qu’à la table du front commun où on discuterait des questions salariales. C’est faux», a affirmé M. Mallette.

«La dernière fois, on était en alliance avec la FIQ. On avait une table intersectorielle où on discutait des questions salariales. Cette fois-ci, on va aussi avoir une table qui va nous permettre de discuter du salarial. Et il y a aussi une autre table, sectorielle, qui nous permet de parler des conditions de travail, à l’exception des salaires, de la retraite et des droits parentaux», a-t-il résumé.