La certification des 737 Max soulevait déjà des questions à Ottawa en 2016

OTTAWA — Des documents internes du gouvernement fédéral concernant le Boeing 737 Max soulèvent de nouvelles questions sur le processus d’approbation des avions au Canada.

Les documents, rendus publics jeudi lors d’une audience d’un comité des Communes, révèlent que les pilotes d’essai de Transports Canada avaient exprimé des préoccupations au sujet d’un système clé du 737 Max plus de trois ans avant que des failles n’apparaissent, causant deux écrasements majeurs. Tous les avions ont finalement été cloués au sol partout dans le monde.

Le système anti-décrochage du 737 Max avait déjà soulevé des interrogations au ministère des Transports en 2016, lors d’une séance de débreffage, mais Boeing ou l’Administration fédérale de l’aviation aux États-Unis n’ont jamais offert de réponses précises. La certification a toutefois été accordée au Canada l’année suivante, malgré les questions demeurées sans réponses.

Le logiciel «MCAS» de l’appareil, qui tire automatiquement le nez de l’avion vers le bas dans certaines circonstances, a été montré du doigt comme un facteur clé dans l’écrasement de deux appareils 737 Max, en Indonésie et en Éthiopie, qui ont fait 346 morts, dont 18 Canadiens. Tous les Boeing 737 Max sont cloués au sol depuis mars 2019.

Plusieurs semaines après le premier écrasement, en octobre 2018, Transports Canada a de nouveau demandé à Boeing plus d’informations sur une faille potentielle qui pourrait avoir des conséquences «catastrophiques». Mais le ministère canadien a tout de même permis à l’avion de continuer à voler. En vertu d’un vieil accord bilatéral, le Canada sous-traite une grande partie de son processus d’examen des avions au régulateur américain — qui à son tour a transféré une partie de cette tâche au constructeur Boeing lui-même.

Lors de l’audience du Comité permanent des transports des Communes, jeudi, le député conservateur Todd Doherty a demandé au ministre Marc Garneau pourquoi l’avion avait obtenu la certification malgré les inquiétudes persistantes. Dans un échange houleux, M. Garneau a déclaré que les enjeux soulevés par Transports Canada se résumaient à des interrogations et que le député Doherty n’avait rien compris du système de certification des aéronefs.

Les autorités de réglementation canadiennes prévoient maintenant d’examiner elles-mêmes les modifications que Boeing apportera au système anti-décrochage de ses appareils.

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