La Chambre des communes ajourne ses travaux pour les Fêtes, jusqu’au 30 janvier

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a clôturé la séance d’automne à la Chambre des communes en disant qu’il partageait les préoccupations des néo-démocrates concernant les soins de santé, alors que le chef conservateur Pierre Poilievre a demandé à ses députés de se tenir du côté des «gens ordinaires».

Les députés fédéraux ont accepté mercredi une motion qui ajourne les travaux aux Communes pour la période des Fêtes, jusqu’au 30 janvier.

S’adressant aux journalistes avant d’entrer en Chambre pour la période de questions, mercredi après-midi, M. Trudeau a balayé les récentes déclarations du chef néo-démocrate. Jagmeet Singh se disait prêt lundi à retirer le soutien de son parti au gouvernement minoritaire libéral, à cause de son inaction face à la «crise des soins de santé des enfants canadiens».

«La réalité, c’est que nous sommes deux partis ambitieux et progressistes dans nos valeurs, qui essaient de faire avancer les choses pour les Canadiens», a indiqué le premier ministre.

Dans un discours devant le caucus conservateur, mercredi matin, Pierre Poilievre a brossé quant à lui le portrait d’un Canada qui souffre présentement. Il a dit à ses députés que c’était leur travail, en tant qu’opposition officielle, de transformer cette douleur en espoir.

«Pour inspirer aux gens qu’une réelle amélioration de leur vie est possible, que le rêve qui les a amenés ici en tant qu’immigrants, ou le rêve avec lequel ils ont été élevés s’ils sont nés ici, peut être ravivé», a-t-il déclaré.

Blanchet fustige Trudeau

S’adressant aux membres de son caucus, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a notamment déploré le refus du premier ministre Trudeau de tenir un sommet sur la santé, «malgré une invitation encore formulée par l’entièreté des premiers ministres du Québec et des provinces du Canada».

Il a qualifié d’«inacceptable» le fait que M. Trudeau ait dit aux provinces, selon lui: «Je n’irai pas vous voir; juste, vous ne m’intéressez pas».

M. Blanchet a aussi dénoncé la position du gouvernement Trudeau en matière de langue, notamment en voulant «saborder la loi 96», la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, «en se prétendant simplement supérieur». 

M. Trudeau «soutient à l’avance l’idée de procédures jusqu’en Cour suprême, a soutenu M. Blanchet. Il a fait dire à Marc Garneau, en comité,  qu’il était du devoir du fédéral de ne pas laisser le Québec agir en matière de langue.»

En matière d’immigration, le chef bloquiste a aussi dénoncé «le fantasme du 500 000 par année» comme capacité d’accueil au Canada, donc 112 000 pour le Québec, en appliquant une règle de trois. «Il connaît quoi, ce gouvernement-là, de la capacité du Québec à intégrer 100 000 ou 140 000 ou 150 000 personnes?», a lancé le chef bloquiste.

«Le nombre voulu par M. Trudeau est ingérable dans la perspective du français, qui a huit millions de locuteurs sur le continent, alors que l’anglais en a largement plus que 300 millions.»

Après l’élection complémentaire

Le chef conservateur, quant à lui, a repris ses attaques contre les dépenses du gouvernement, qui, selon lui, font grimper l’inflation au pays, et les efforts des libéraux pour interdire les armes de type «assaut». Les conservateurs estiment que la liste des armes qui seraient prohibées comprend des armes de chasse populaires auprès des Canadiens.

Cette réunion hebdomadaire du caucus conservateur avait lieu deux jours après que le parti a perdu une élection partielle à Toronto, au profit des libéraux.

Le gouvernement part donc en vacances de Noël avec en poche cette victoire étonnamment importante dans Mississauga-Lakeshore, une circonscription du Grand Toronto riche en votes, qui serait, selon de nombreux analystes, déterminante aujourd’hui pour remporter des élections générales. 

Charles Sousa, un ancien ministre libéral provincial des Finances en Ontario, a obtenu plus de 51 % des voix pour conserver ce comté aux libéraux. Les conservateurs minimisent la perte, étant donné qu’ils n’ont gagné qu’une seule fois dans cette circonscription au cours des 30 dernières années — sous Stephen Harper en 2011 —, mais cela reste le genre de circonscriptions que les conservateurs doivent remporter s’ils veulent former le gouvernement.

L’explication des libéraux pour cette victoire donne un aperçu de ce que pourrait être leur stratégie contre les conservateurs en 2023: dépeindre M. Poilievre comme un homme qui sème la colère et soutient les mouvements antigouvernementaux, comme le «convoi de la liberté». 

M. Trudeau a récemment déclaré qu’une bonne politique gouvernementale ne «tient pas sur un autocollant de pare-chocs».

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