La cheffe adjointe des conservateurs démissionne et apporte son soutien à MacKay

OTTAWA — L’équipe de campagne de Peter MacKay a assuré lundi qu’on n’avait pas promis à la cheffe adjointe du Parti conservateur un poste de haut rang en échange de son soutien dans la course à la direction.

On s’attendait à ce que Leona Alleslev reste neutre dans cette course, mais elle a expliqué dimanche soir qu’elle ne voulait pas rester sur la touche et elle a démissionné de son poste de cheffe adjointe du parti, qu’elle occupait depuis les dernières élections fédérales.

Et dès lundi matin, Mme Alleslev a annoncé qu’elle appuyait Peter MacKay dans la course. «Le Canada fait face à un avenir incertain. Le Canada a besoin d’un leader qui possède l’expérience et un plan pour s’attaquer aux priorités de notre époque», a expliqué Mme Alleslev sur les médias sociaux.

Le scrutin dans la course à la chefferie conservatrice est en cours; le nouveau chef ou la nouvelle cheffe sera choisi en août.

Or, si M. MacKay était élu chef, il devrait nommer quelqu’un pour diriger le parti en Chambre, car il n’est pas encore député. Compte tenu du rôle qu’a joué Mme Alleslev au sein du caucus depuis octobre, certains se sont demandé depuis dimanche si l’équipe MacKay ne lui aurait pas déjà promis ce poste d’adjointe au chef.

«Absolument pas», a assuré lundi dans un courriel le porte-parole de la campagne de M. MacKay, Chisholm Pothier. «Ces décisions seront prises une fois qu’il aura été élu chef.» Mme Alleslev, quant à elle, a décliné une demande d’entrevue lundi.

Dans sa lettre de démission, Mme Alleslev explique qu’elle se sent obligée de rompre sa promesse de ne pas s’immiscer dans la course. «La sélection du prochain chef du Parti conservateur du Canada est une décision trop importante pour que je me tienne à l’écart», a-t-elle écrit au chef sortant, Andrew Scheer.

Reprendre les banlieues de Toronto

Mme Alleslev avait été élue sous la bannière libérale en 2015, mais elle avait rejoint les conservateurs en 2018, affirmant qu’elle ne partageait plus la vision de son parti sur un certain nombre de politiques publiques.

Au scrutin d’octobre 2019, elle a réussi à conserver son siège d’Aurora-Oak Ridges-Richmond Hill, dans la région de Toronto, alors que bien d’autres candidats conservateurs mordaient la poussière dans des circonscriptions voisines. Parmi les victimes: Lisa Raitt, qui était jusque-là cheffe adjointe.

M. Scheer a vu chez Mme Alleslev un peu les mêmes atouts que chez Mme Raitt: une femme, députée d’une circonscription de la grande région de Toronto, que les conservateurs comptent bien reprendre en 2023. L’équipe de campagne de Peter MacKay disait d’elle à peu près la même chose lundi.

Or, si M. MacKay vit maintenant à Toronto, il devrait, lors des prochaines élections générales, retourner chez lui en Nouvelle-Écosse pour s’y faire élire député.

Erin O’Toole, l’un de ses adversaires dans la course, représente depuis 2012 la circonscription de Durham, une banlieue de Toronto, justement. Et Leslyn Lewis, qui n’a jamais été députée, vit elle aussi actuellement en banlieue de Toronto. Le quatrième candidat dans la course, Derek Sloan, est député d’une circonscription rurale en Ontario.

Laisser un commentaire
Les plus populaires