La Chine entame la construction de sa station spatiale permanente

PÉKIN, Chine — La Chine devrait lancer dès cette semaine le module central de sa première station spatiale permanente, la plus récente étape de l’ambitieux programme d’exploration spatiale du pays.

Le module Tianhe (ou «Harmonie céleste») devrait être emporté par la fusée Longue Marche 5B, qui décollera de la base de Wenchang, sur l’île de Haïnan, dans le sud du pays. Le lancement pourrait survenir dès jeudi soir, si tout se déroule comme prévu.

Il s’agirait de la première des 11 missions nécessaires pour construire et approvisionner cette station spatiale, qui pourra accueillir un équipage de trois personnes.

Voici un bref aperçu de la mission et du programme spatial chinois.

11 MISSIONS POUR COMPLÉTER LA STATION SPATIALE D’ICI LA FIN DE 2022

Dix autres lancements emporteront deux modules supplémentaires; on procédera aussi à quatre missions d’approvisionnement et à quatre missions habitées. Au moins 12 taïkonautes s’entraînent pour séjourner à bord de la station, dont des participants à des missions précédentes, des néophytes et des femmes.

Une fois complétée à la fin de 2022, Tianhe devrait peser 66 tonnes, une fraction de la Station spatiale internationale dont la construction a débuté en 1998 et qui devrait éventuellement peser 450 tonnes. Tianhe pourrait en théorie prendre encore plus d’ampleur.

Son module initial aura approximativement la même taille que le Skylab américain des années 1970 et que l’ancienne station soviétique Mir.

UNE STATION SPATIALE AVEC UN OBJECTIF À LONG TERME

La Chine a lancé deux modules expérimentaux au cours de la dernière décennie, en préparation pour la station permanente. Le Tiangong-1 («Palais céleste-1») a été abandonné et a été incinéré en rentrant dans l’atmosphère. Son successeur, le Tiangong-2 («Palais céleste-2»), est resté en orbite jusqu’en 2018.

La Chine a commencé à préparer sa station spatiale au début des années 1990, au moment où son programme spatial s’accélérait. Elle n’a pas pu participer à la Station spatiale internationale en raison des liens étroits qui existent entre le programme chinois et l’armée.

PROGRÈS RAPIDES DANS L’ESPACE

Après des années de lancements réussis, la Chine a envoyé un premier homme en orbite en octobre 2003, devenant seulement le troisième pays à réussir cet exploit après les États-Unis et l’ancienne Union soviétique. Depuis ce moment, la Chine a envoyé d’autres taïkonautes dans l’espace, des équipages ont visité la première station Tiangong station et une sortie dans l’espace a été réussie.

La Chine a aussi resserré sa collaboration avec les experts spatiaux d’autres pays, dont la France, la Suède, la Russie et l’Italie. La NASA a besoin de la permission d’un Congrès frileux pour participer à de telles initiatives.

La Chine va aussi de l’avant avec des missions automatisées, notamment en ce qui concerne l’exploration de la Lune. Elle a ainsi posé un rover sur la face cachée peu explorée de notre satellite. En décembre, sa sonde Chang’e 5 a ramené des échantillons de sol lunaire sur Terre pour la première fois depuis les missions américaines des années 1970.

UN ROVER SUR MARS ET D’AUTRES AMBITIONS

La mission Tianhe survient quelques semaines seulement avant l’atterrissage prévu d’une sonde chinoise sur Mars. La sonde Tianwen-1 est en orbite autour de Mars depuis février. Son rover Zhurong partira à la recherche de signes de vie.

Un autre programme chinois vise à récolter des échantillons de sol d’un astéroïde, une composante cruciale du programme spatial japonais.

La Chine prévoit lancer en 2024 une autre mission pour ramener des échantillons de la Lune. Elle a dit vouloir y envoyer des taïkonautes et possiblement y construire une base scientifique. Aucun échéancier n’a été proposé. Un projet ultra-secret d’avion spatial serait aussi en développement.

LE PROGRAMME CHINOIS EST-IL COMPÉTITIF?

Le programme chinois avance lentement et prudemment, en respectant un calendrier bien précis, ce qui lui a essentiellement permis d’éviter les revers essuyés par les Américains et les Russes.

Une fusée Longue Marche 5B a toutefois fait défaut en 2017, pendant le développement de la nouvelle version qui emportera le module central de la station Tianhe. Le problème a rapidement été corrigé.

Ses détracteurs reprochent au programme chinois d’avoir reproduit les exploits américains et russes sans vraiment innover. Les prouesses technologiques croissantes du pays pourraient les faire taire au cours des prochaines années. Le pays pourrait avoir besoin d’une plus grande participation du secteur privé pour continuer à avancer, comme cela a été le cas aux États-Unis avec SpaceX et Blue Origin, et pour acquérir de nouvelles technologies, comme les fusées réutilisables.

– Par The Associated Press

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