La Chine et la Russie ciblent la recherche canadienne sur la COVID-19, dit un comité

OTTAWA — La pandémie de COVID-19 a conduit à une augmentation des attaques d’espionnage contre le Canada, selon un nouveau rapport du Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, qui souligne à plusieurs reprises les préoccupations concernant les menaces posées par la Chine et la Russie.

Le comité affirme que la pandémie a incité encore plus certains pays à cibler les secteurs de la santé, des sciences et de la technologie au Canada, particulièrement en ce qui concerne la recherche sur les vaccins.

La Russie est accusée par les agences de renseignement canadiennes d’être «la principale responsable de cet espionnage, qu’elle exerce au moyen de cyberopérations secrètes pour voler des données exclusives», selon le rapport du comité, qui a été déposé au Parlement lundi.

Cependant, le rapport fait également état de préoccupations au sujet de la Chine en ce qui concerne l’espionnage et l’ingérence étrangère au Canada. Il poursuit en accusant les deux pays d’utiliser des cyberopérations pour cibler les gouvernements, les entreprises et les établissements universitaires canadiens.

«En ce qui a trait à l’espionnage et aux cybermenaces, cela a été nettement affecté par la COVID», a déclaré le député libéral et président du comité David McGuinty, dans une entrevue.

«Et oui, les deux principaux acteurs restent la Russie et la Chine.»

Le rapport est le plus récent du comité du renseignement, qui a été créé en 2017 pour assurer une surveillance indépendante de l’appareil de sécurité nationale du Canada et qui comprend des députés et des sénateurs de tous les principaux partis politiques.

Le document présente une mise à jour de l’évaluation précédente du comité en 2018 concernant cinq menaces à la sécurité du Canada: terrorisme; espionnage et ingérence étrangère; cyberactivités malveillantes; crime organisé et armes de destruction massive.

Le rapport contient également quatre recommandations pour mieux gérer les tentatives d’ingérence des pays étrangers dans la politique canadienne, notamment un engagement plus fréquent avec les partis politiques et une réflexion plus approfondie sur la façon de signaler les incidents au public.

M. McGuinty a souligné que le rapport et les recommandations ont été élaborés à la suite de discussions approfondies entre tous les membres, et que le but est de fournir des conseils non partisans sur des questions d’une extrême importance pour le pays.

«Extrémisme violent à caractère idéologique»

L’un des principaux changements par rapport à la précédente évaluation de la menace par le comité en 2018 concerne le terrorisme.

Alors que le comité constate que les groupes extrémistes islamistes comme Daech (le groupe armé État islamique) constituent toujours une menace, il ajoute que le paysage a changé pour devenir celui où l’extrémisme de droite occupe désormais une place prépondérante.

Le rapport cite une étude de 2019 qui a révélé une augmentation de 320 % de 2013 à 2018 de «I’extrémisme violent à caractère idéologique», les agences de renseignement faisant référence à la haine comme celle des néonazis ou de la culture misogyne «incel».

La pandémie aggraverait la situation, selon le rapport du comité, qui note une augmentation des discours antigouvernemental et raciste tout en soulignant la montée de l’isolement social, de l’activité en ligne et des difficultés financières pendant la COVID-19.

Si la pandémie a rendu plus difficile le lancement d’attaques contre de grands groupes de personnes, le rapport indique que les organisations terroristes et les sympathisants s’adaptent à la réalité.

Tout de même, le rapport ne laisse aucun doute sur le fait que, selon l’estimation du comité et celle des responsables de la sécurité nationale du Canada, la plus grande menace pour le Canada vient de l’espionnage et de l’ingérence étrangère. Dans ces deux cas, la Russie et la Chine sont au premier plan.

«Plusieurs États se livrent à de telles activités au Canada, mais le renseignement indique que la Chine et la Russie sont toujours les principales coupables», lit-on dans le rapport, qui a été présenté pour la première fois au premier ministre Justin Trudeau en décembre.

«Même si les effets de l’espionnage et de I’ingérence étrangère ne sont pas aussi rapidement manifestes que ceux du terrorisme, ils représentent les menaces à long terme les plus lourdes de conséquences pour la souveraineté et la prospérité du Canada.»

Les deux pays sont également identifiés comme ayant ciblé les systèmes gouvernementaux canadiens à un moment où les acteurs étrangers ont «également pris avantage de la crise sanitaire mondiale causée par la pandémie de COVID-19 pour faire avancer leurs objectifs».

«Des acteurs malveillants étatiques et non étatiques ont pris pour cible le secteur de la santé et les services gouvernementaux et ont mené des campagnes de désinformation en ligne pour manipuler l’opinion publique et saper la confiance de la population dans le fonctionnement des systèmes de santé publique clés.»

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