La Chine ne doit pas tenir les JO de 2022, dit la chef du Parti vert Annamie Paul

OTTAWA — Le Canada devrait appuyer le transfert des Jeux olympiques de 2022 en dehors de la Chine en raison de la «campagne génocidaire» de Pékin contre la minorité musulmane ouïghoure, affirme la chef du Parti vert du Canada, Annamie Paul. Selon Mme Paul, le Canada devrait envisager d’offrir de jouer un rôle dans l’organisation des Jeux.

Lors d’une conférence de presse virtuelle, mardi, la chef du Parti vert s’est demandé ce qui pouvait bien être considéré comme assez important pour «déplacer un événement sportif» si même «un génocide en cours» n’est pas jugé comme un motif suffisant.

Elle a exhorté le Comité international olympique (CIO), ainsi que le Canada et d’autres pays qui condamnent les violations des droits de la personne en Chine, à trouver un autre lieu pour tenir les épreuves.

Mme Paul a affirmé que le Canada devrait envisager d’offrir d’accueillir les Jeux olympiques d’hiver, peut-être de concert avec les États-Unis, parce que les deux pays ont l’infrastructure et l’expérience nécessaires.

«C’est le genre de solution créative pour laquelle le Canada était connu», a-t-elle fait valoir.

Une lettre ouverte signée par 13 députés fédéraux, une demi-douzaine de politiciens québécois et d’autres acteurs samedi appelait au déplacement des Jeux olympiques d’hiver de 2022 hors de la Chine.

La lettre demande au CIO de déplacer les Jeux pour éviter que les athlètes soient «souillés» par un événement qui serait comparable, selon les législateurs signataires, aux Jeux de Berlin de 1936 sous le régime nazi, et constituerait ainsi «les Jeux de la honte».

Bob Rae, ambassadeur du Canada auprès de l’ONU, a appelé les Nations unies en novembre à enquêter sur la question de savoir si la persécution par la Chine des Ouïghours musulmans dans sa province du Xinjiang constitue un génocide.

Un sous-comité parlementaire canadien a conclu dans un rapport d’octobre que le traitement réservé par la Chine aux Ouïghours équivaut à un génocide, une qualification que le pays a rejetée comme étant sans fondement.

La Chine a été accusée d’utiliser le contrôle forcé des naissances pour limiter les naissances ouïghoures et les camps de détention pour assimiler la minorité majoritairement musulmane à la société chinoise dominante.

Pékin a nié tout acte répréhensible, disant orchestrer un programme volontaire d’emploi et de formation linguistique.

La lettre, dont les signataires incluent le médaillé d’or Jean-Luc Brassard et l’ancien ministre libéral Irwin Cotler, fait suite à un appel de quelque 180 groupes de défense des droits de l’homme à boycotter les Jeux de Pékin, qui doivent s’amorcer le 4 février 2022.

La déclaration précise qu’elle appelle à la délocalisation plutôt qu’au boycottage.

«Nous ne demandons pas à nos athlètes d’abandonner leur rêve olympique, car nous savons très bien combien d’efforts auront été déployés pour le réaliser», fait-on valoir.

Mme Paul a déclaré que le gouvernement fédéral peut en fin de compte décider si les athlètes canadiens participeront à des Jeux olympiques.

«La Chine a prouvé qu’elle était incroyablement réfractaire à la libéralisation des droits de l’homme et aux libertés fondamentales», a affirmé la chef du Parti vert du Canada.

«Il n’y a aucune raison de croire que la célébration des Jeux olympiques de 2022 à Pékin, parallèlement à un génocide, produira de tels résultats.»

Elle a déclaré que le Canada devrait s’exprimer très fermement et condamner les violations des droits de la personne en Chine.

Le Canada devrait également se réunir avec ses alliés afin d’examiner toutes les options pour que le gouvernement chinois et les autres États qui commettent des violations des droits de la personne se conforment au droit international.

«Cela peut impliquer toutes sortes de choses, de la diplomatie discrète, jusqu’aux sanctions et tout le reste», a-t-elle déclaré.

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