La Chine présente des «défis systémiques pour l’ordre international», selon l’OTAN

BRUXELLES — Les dirigeants des pays membres de l’OTAN ont déclaré lundi que la Chine posait un défi de sécurité constant et s’employait à saper l’ordre mondial, et ils s’inquiètent de la vitesse à laquelle Pékin développe son arsenal nucléaire.

Dans le communiqué, les chefs d’État et de gouvernement qui participaient lundi à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord, à Bruxelles, déclarent que «les ambitions déclarées de la Chine et son assertivité présentent des défis systémiques pour l’ordre international fondé sur des règles et dans des domaines revêtant de l’importance pour la sécurité de l’Alliance».

Alors que les 30 chefs d’État et de gouvernement évitent de qualifier la Chine de rivale, ils expriment leur inquiétude face à des «politiques coercitives», les manières opaques dont elle modernise son appareil militaire et son utilisation de la désinformation. Ils appellent Pékin à «respecter ses engagements internationaux et à agir de manière responsable au sein du système international, notamment dans les milieux spatial, cyber et maritime, en conformité avec son rôle de grande puissance».

Cette déclaration commune est publiée alors que le président Joe Biden a intensifié ses efforts pour rallier ses partenaires afin de parler d’une voix plus unifiée du bilan de la Chine en matière de droits de la personne, de ses pratiques commerciales et du comportement de plus en plus affirmé de son armée, qui a énervé des alliés des Américains dans le Pacifique.

M. Biden, qui est arrivé au sommet après trois jours de consultations avec les alliés du Groupe des Sept, au Royaume-Uni, avait fait pression pour que le communiqué du G-7 dénonce ce qu’il qualifiait de pratiques de travail forcé et d’autres violations des droits des musulmans ouïghours et d’autres minorités ethniques dans la province occidentale du Xinjiang. Le président Biden s’était dit satisfait de ce communiqué du G7, bien que des divergences subsistent entre les alliés sur la vigueur des critiques que l’on doit adresser à Pékin.

Le nouveau communiqué de Bruxelles déclare clairement que les pays de l’OTAN interagiront avec la Chine «en vue de défendre les intérêts de l’Alliance en matière de sécurité». 

L’ambassade de Chine au Royaume-Uni a publié lundi une déclaration affirmant que le communiqué du G-7 «diffamait délibérément la Chine et interférait arbitrairement dans ses affaires intérieures», et mettait en évidence les «sinistres intentions de quelques pays, comme les États-Unis». Il n’y a pas eu de réaction immédiate du gouvernement chinois à la nouvelle déclaration de l’OTAN.

Peu de temps après son arrivée au siège de l’Alliance atlantique pour le premier sommet de l’OTAN de sa présidence, M. Biden s’est entretenu avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. «Je veux que l’OTAN sache que l’Amérique est là», a indiqué M. Biden. 

Il s’agissait d’un changement de ton radical de ton par rapport aux quatre dernières années, lorsque Donald Trump a qualifié l’OTAN d’«obsolète» et se plaignait que certains pays continuent de dépenser moins pour la défense, aux dépens des États-Unis.

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