La citoyenneté honoraire de la leader birmane Aung San Suu Kyi retirée

OTTAWA — Aung San Suu Kyi n’est plus canadienne.

Le Parlement a retiré la citoyenneté honoraire qu’il avait accordée à la leader birmane.

C’est un député du Bloc québécois qui a dû se lever aux Communes, jeudi après-midi, pour demander l’adoption d’une motion afin de retirer le titre honoraire. Pour cela, il fallait à Gabriel Ste-Marie l’appui unanime des élus. Ce qu’il a obtenu. Le premier ministre Justin Trudeau était présent.

Mercredi, M. Trudeau avait ouvert la porte à ce geste symbolique. Mais ni les libéraux, ni les conservateurs, ni les néo-démocrates ne voulaient déposer une motion en ce sens.

Tous disaient préférer poser des gestes concrets pour aider les Rohingyas, tout en étant prêts à appuyer une éventuelle motion.

Celle-ci est venue d’un élu qui n’appartient pas à un parti reconnu en Chambre.

«Que la Chambre réitère la motion votée unanimement par cette Chambre le 20 septembre dernier qualifiant de génocide les crimes contre l’humanité commis contre les Rohingyas. Et, qu’en conséquence, la Chambre retire à Aung San Suu Kyi la citoyenneté honorifique canadienne octroyée en 2007», a demandé le député Ste-Marie à la fin de la période des questions quotidienne.

Comme personne ne s’est opposé à sa demande, le Canada affiche maintenant plus clairement encore son désaveu de l’ancienne lauréate du prix Nobel de la paix. 

Depuis le début de l’exode des Rohingyas, une minorité musulmane du Myanmar, plusieurs voix s’élevaient pour réclamer ce geste du Canada. On reprochait à Aung San Suu Kyi de ne pas avoir dénoncé les massacres.

«Son silence ne mérite pas de garder la citoyenneté honoraire ici. C’est un symbole fort à mon avis», s’est félicité le député Ste-Marie.

«C’est la première fois que pareille décision est prise», a souligné Andrew Leslie, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères.

Jusque-là, Aung San Suu Kyi appartenait à un club sélect. Seulement six personnes ont reçu cet honneur. Elle est la seule à l’avoir perdu. 

Des centaines de milliers de membres des Rohingyas ont fui l’État de Rakhine vers le Bangladesh voisin pour échapper à l’armée birmane depuis août 2017.

La junte militaire est accusée de perpétrer un nettoyage ethnique et de commettre des crimes contre l’humanité.

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