La Colombie-Britannique obtient 33,98 millions $ pour lutter contre les opioïdes

TORONTO — L’une des provinces les plus durement touchées par la crise des opioïdes vient d’obtenir de l’aide fédérale pour améliorer l’accès au traitement de la dépendance.

Le gouvernement fédéral accorde 33,98 millions $ à la Colombie-Britannique dans le cadre d’un accord bilatéral signé jeudi, la quatrième entente du genre liée aux opioïdes. Au total, la Colombie-Britannique disposera de 71,7 millions $ pour faire face à la crise, le reste de la somme étant fourni par le gouvernement provincial.

La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a précisé que l’argent provient du Fonds d’urgence pour le traitement inclus dans le budget 2018. Au total, les provinces et territoires vont recevoir 150 millions $ pour financer des initiatives liées à la lutte contre les opioïdes, a-t-elle indiqué.

«Cet argent va aider à améliorer les options de traitement et de rétablissement pour les gens en Colombie-Britannique», a déclaré Mme Petitpas Taylor, qui a fait l’annonce aux côtés de la ministre provinciale de la Santé mentale et des Dépendances, Judy Darcy, lors d’un symposium sur les opioïdes à Toronto. Elle a ajouté qu’il s’agissait d’«une aide concrète aux personnes qui en ont besoin».

La ministre Darcy s’est réjouie de l’annonce de l’accord.

«La Colombie-Britannique est au coeur de sa pire crise de santé publique depuis des décennies», a-t-elle rappelé. «D’ici la fin de la journée, trois à quatre personnes vont mourir et laisser derrière des familles, des amis, des proches et des communautés dévastées par leur décès.»

L’aide fédérale va contribuer à améliorer le soutien offert aux jeunes et aux Autochtones aux prises avec une dépendance. Elle permettra aussi d’élargir et d’améliorer les options de traitement, en plus de faire le lien entre les services d’urgence lors de surdoses et les services de prévention ou de suivi.

«Il est extrêmement important de comprendre comment et pourquoi les gens décident d’entreprendre un traitement, mais surtout comment et pourquoi ils l’abandonnent, afin de faire tout ce qu’on peut pour les empêcher de tomber entre les mailles du filet et d’avoir recours aux drogues de rue», a expliqué Mme Darcy.

Les fonds permettront aussi de créer 25 places de traitement en résidence. Ce service offre 90 jours de traitement de substitution aux opiacés, de soins psychosociaux, de formation aux compétences psychosociales et de soutien post-traitement.

D’autres accords semblables à venir

Ginette Petitpas Taylor a précisé que le fédéral continuerait de négocier des accords similaires avec les autres provinces et territoires, dont l’Ontario, au cours des prochains mois.

L’annonce de jeudi survient justement au moment où l’Ontario réévalue l’avenir de ses installations de prévention des surdoses. Le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford a pris la décision, le mois dernier, de ne pas ouvrir de nouveaux sites d’injection supervisée avant de mesurer l’efficacité des centres déjà en fonction.

Ce moratoire a été dénoncé par plus de 100 groupes de santé, qui plaident que cette mesure met des vies en danger.

Les défenseurs de ces services ont souligné qu’une série de décès par surdose à Toronto le mois dernier démontre le besoin urgent de nouvelles installations.

La ministre Petitpas Taylor s’est engagée, mercredi, à partager avec le gouvernement de l’Ontario les données de son ministère montrant l’efficacité des sites de prévention des surdoses.

Jeudi, la Colombie-Britannique a aussi offert de partager son expertise avec l’Ontario, affirmant que près de 2000 surdoses ont été évitées dans les installations de la province au cours de la dernière année.

Plus de 3800 personnes ont succombé à une surdose d’opioïdes au Canada en 2017, comparativement à 2978 en 2016, selon les derniers chiffres publiés par Santé Canada.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie