La Colombie-Britannique ouvre une enquête sur un «jeu raciste» aux urgences

VANCOUVER — Le premier ministre de la Colombie-Britannique affirme qu’il n’y a aucune excuse pour un «comportement déshumanisant», réagissant ainsi à des allégations selon lesquelles certains travailleurs des urgences s’amuseraient à deviner le niveau d’alcoolémie de patients autochtones.

«Je suis scandalisé par des informations faisant état de vils comportements racistes et anti-autochtones dans plusieurs établissements de santé en Colombie-Britannique», a déclaré John Horgan dans un communiqué vendredi.

«Personne ne devrait avoir à s’inquiéter, lorsqu’il se rend dans un hôpital, d’être victime de préjugés et de recevoir des soins de moindre qualité. Si cela est confirmé, il s’agit d’un exemple déchirant de racisme systémique dans notre province.»

Le ministre de la Santé de la Colombie-Britannique, Adrian Dix, a révélé qu’une enquête a été déclenchée concernant des allégations de «pratiques odieuses» de certains travailleurs des urgences.

Adrian Dix dit avoir été mis au courant des allégations jeudi. Il semblerait que des membres du personnel jouent à deviner le résultat de tests d’alcoolémie de patients autochtones et peut-être aussi d’autres origines.

Si ces allégations sont confirmées, le ministre qualifie ce comportement d’intolérable, d’inacceptable et de raciste.

Il a demandé à l’ancienne militante pour les droits des enfants en Colombie-Britannique, Mary Ellen Turpel-Lafond, d’enquêter sur cette affaire.

Le ministre n’a pas précisé dans quel hôpital ou quels hôpitaux ces pratiques auraient eu cours.

Adrian Dix a précisé que l’information concernant ce jeu serait venue aux oreilles de son sous-ministre par l’entremise de sources au sein de la communauté et du système de santé.

Il a insisté sur le fait que de telles allégations nécessitaient une réaction immédiate et que si elles s’avèrent, elles auraient profondément nui aux soins des patients.

Ces allégations démontrent jusqu’où la société doit aller pour lutter contre le racisme systémique présent dans tous les aspects de la vie, a déclaré le ministre Dix, vendredi.

En conférence téléphonique, il a reconnu que les détails concernant la manière dont se déroulaient ces jeux de devinettes restaient à être précisés.

«De toute évidence, un jeu de ce genre va au-delà de l’inacceptable», a-t-il tranché.

Le First Nations Leadership Council (FNLC) a fait valoir dans un communiqué que l’enquête devait être transparente.

«Nous espérons pleinement que ceux qui ont commis ces graves abus de confiance seront tenus responsables de leurs actes et, qu’en attendant le résultat de l’enquête, leur permis de pratique sera révoqué pour avoir compromis la dignité, les soins et la vie des patients autochtones.»

Cheryl Casimer, qui fait partie de l’exécutif politique du Sommet des Premières Nations, l’un des trois groupes qui forment le FNLC, a déclaré que ces gestes de racisme présumés en disent long sur la façon dont les peuples autochtones sont victimes de préjugés en ce qui concerne l’alcool.

«C’est déplorable. C’est tout ce stéréotype selon lequel si vous voyez un Autochtone et qu’il n’est pas tout à fait lui-même, la première pensée est qu’il est ivre. Et bien, vous seriez surpris du nombre d’Autochtones dans nos communautés et dans cette province et ce pays qui ne consomment pas d’alcool.»

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