La communauté asiatique de Brossard refroidie par la légalisation du cannabis

BROSSARD, Qc — Près d’un an après la légalisation du cannabis au Canada, le candidat conservateur de Brossard-Saint-Lambert fait de cet enjeu son cheval de bataille pendant la présente campagne électorale — même si son propre chef n’a aucune intention de recriminaliser cette drogue.

La candidature de Glenn Hoa, un dentiste de 35 ans, est en quelque sorte une forme de protestation d’une communauté à forte proportion immigrante asiatique, qui a connu les contrecoups des guerres de l’opium et qui craint que ses jeunes compromettent leur avenir en raison de la drogue.

D’origine vietnamienne et né au Canada, M. Hoa se voit comme le «pont» entre les immigrants de première génération de sa communauté et les plus jeunes, qui ne comprennent pas l’inquiétude de leurs aînés.

«Quand (nos parents) sont arrivés ici, peu importe la profession qu’ils avaient dans leur pays, on peut dire qu’ils ont sacrifié leur génération. (…) Ils ont dû travailler dans des domaines un peu plus difficiles, comme en restauration ou en textile. Ils ont dû travailler pour nous donner des opportunités pour qu’on puisse aller à l’école», explique-t-il.

Selon lui, une grande proportion de la communauté vietnamienne du Grand Montréal serait prête à bouder le Parti libéral du Canada précisément en raison de la légalisation du cannabis.

Le candidat pense que d’autres communautés immigrantes, dont la communauté chinoise de Brossard, pourraient aller voir ailleurs pour cette raison aussi. L’enjeu fait régulièrement surface dans ses séances de porte-à-porte dans la circonscription, dit-il.

«Beaucoup de parents me demandent pourquoi est-ce qu’ils mettent tous ces efforts pour que leurs enfants puissent bien s’épanouir et que le gouvernement, sans les consulter, a décidé de légaliser une drogue psychoactive qui peut altérer le succès de l’enfant à long terme», soutient M. Hoa.

À l’entrée de l’épicerie Kim Phat, sur le boulevard Taschereau à Brossard, rares sont ceux qui veulent s’arrêter pour parler politique.

Da Teng, 39 ans, est arrivé de Chine l’an dernier et n’a donc pas de droit de vote. Il lâche un «c’est mauvais pour la santé!» lorsqu’on mentionne la légalisation du cannabis et file ensuite à l’épicerie avant son cours de francisation. Une autre dame lance que cet enjeu ne va «pas du tout» changer son vote, avant de tourner les talons.

Dans un restaurant de glace râpée coréenne à côté, Anna, 40 ans, grimace lorsqu’on mentionne la légalisation de la marijuana.

Pour cette mère monoparentale et résidante de Brossard, il est impensable que ses deux enfants touchent à de la drogue lorsqu’ils seront à l’adolescence. Mais elle ne peut pas les surveiller 24 heures par jour, dit-elle. Elle doit travailler de longues heures pour subvenir aux besoins de sa famille et pour rendre visite à son père seul en Chine.

Anna dit qu’elle a été obligée de fermer son restaurant au centre-ville de Montréal, plus tôt cette année, en raison du nombre élevé de vendeurs de drogue et de fêtards. Certains se piquaient dans sa ruelle ou même dans les toilettes de son restaurant. Pour elle, héroïne ou cannabis, c’est du pareil au même.

«Nous, on a été éduqués qu’une drogue, c’est une drogue. Peu importe quel type de drogue. C’est juste mauvais pour nous. Avec l’abus de l’opium dans notre culture, toute drogue est mauvaise», explique Manh Nguyen, 44 ans, un ami de M. Hao qui est lui aussi très impliqué dans la communauté vietnamienne.

La députée sortante et candidate libérale, Alexandra Mendès, est au contraire une défenseure de la légalisation du cannabis.

Lors d’un récent débat local, en réponse à une question de M. Hoa, elle a plaidé qu’elle n’avait pas de «leçons» à recevoir sur cet enjeu.

Mme Mendès a perdu son frère au début des années 1990 des suites d’une overdose de cocaïne de piètre qualité et c’est pourquoi elle croit qu’il faudrait envisager de décriminaliser l’ensemble des drogues afin de mieux mettre des balises sur les produits.  

Elle se tourne du côté du Portugal — d’où elle vient — pour justifier son choix. Le pays a décriminalisé la possession et la consommation de drogues en petites quantités, ce qui a entraîné une chute de la criminalité et une réduction de la consommation.

Mais sur la légalisation du cannabis, elle constate qu’elle se heurte à un mur quand elle s’adresse à la communauté asiatique de sa circonscription, qui a une réaction «très viscérale» qu’elle n’arrive pas à expliquer.

Dans tous les cas, la succursale de la Société québécoise du cannabis sur le boulevard Matte à Brossard fait de bonnes affaires. En ce lundi après-midi, des gens de tous âges affluent pour se procurer de la drogue.

En apprenant que l’un de leurs candidats fédéraux fait du cannabis un enjeu électoral, l’un des clients exprime sa surprise: «Il n’est pas un peu trop tard?»

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c’est une blague les communauté asiatique sont surtout les plus gros réseaux de dealer illégale de cannabis ! c’est surtout pour ça qu’ils ont peur car ils ont perdu leurs business

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