La communauté de Bathurst peut bien comprendre la peine vécue à Humboldt

BATHURST, N.-B. — Peu de villes canadiennes peuvent mieux comprendre l’épreuve que traversent les résidants à Humboldt, Saskatchewan, que celle de Bathurst, au Nouveau-Brunswick.

La ville de la côte est a récemment souligné le 10e anniversaire de l’accident d’une fourgonnette qui avait tué sept membres d’une équipe de basketball d’une école secondaire et la conjointe de l’entraîneur.

Concernant la tragédie routière ayant frappé vendredi l’équipe des Broncos et fait 15 morts, Jordan Frenette, capitaine des Phantoms de Bathurst, a dit avoir aussitôt songé à quel point cela serait difficile pour tout le monde dans la collectivité, car Bathurst a «en quelque sorte vécu la même chose».

M. Frenette, aujourd’hui âgé de 27 ans, a dit avoir été malade à ce moment et au repos forcé lorsque l’accident est survenu pour son équipe.

Il a souligné que la collectivité de Bathurst vivait encore les secousses de la tragédie dix ans plus tard.

En entrevue téléphonique, M. Frenette a laissé tomber qu’il sentait «qu’il aurait dû y être», même s’il est conscient qu’il n’«aurait rien pu changer».

«Le siège dans lequel je prenais toujours place dans la fourgonnette était celui dans lequel était assise l’épouse de Wayne Lord, qui est morte dans l’accident», a-t-il relaté.

Le conducteur de la fourgonnette avait perdu la maîtrise du véhicule sur une route glissante, et était entré en collision avec un camion peu après minuit, le 12 janvier 2008.

Les morts de joueurs de l’équipe avaient inspiré un film pour la télévision à CBC en 2012 — pas sur la tragédie, mais sur les événements qui ont suivi: un an plus tard, l’équipe reconstituée des Phantoms avait remporté le titre au provincial.

La Ville de Bathurst a décidé à partir de janvier dernier de tenir une journée de deuil en mettant les drapeaux en berne.

Un filet de basketball portatif a été installé en bordure de route quelques heures après l’accident. Dix ans plus tard, il y est toujours, avec des photos de victimes — connues sous le nom des «Boys in Red», à cause de leur maillot rouge.

Il est courant de voir des gens arrêtés sur le bord de la route à l’extérieur de Bathurst pour se recueillir à la mémoire des victimes.

«J’y pense la majorité du temps. C’est quelque chose qui a eu un impact, pas juste pour moi, mais pour tellement de gens. Je pense aux gars et à Beth. Je pense à leurs familles pour lesquelles j’ai un respect et une empathie immenses», affirmait en janvier dernier John McLaughlin, le surintendant du conseil scolaire de Bathurst à l’époque.