La femme de l’auteur de la tuerie en Nouvelle-Écosse poursuit la GRC et la Couronne

HALIFAX — La conjointe de l’auteur de la tuerie de 2020 en Nouvelle-Écosse affirme qu’elle a été faussement accusée de lui avoir fourni des munitions parce que la GRC voulait détourner l’attention de ses erreurs commises au cours de l’enquête.

Dans une poursuite intentée le 21 octobre en Cour suprême de la Nouvelle-Écosse, Lisa Banfield accuse la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et le service des poursuites criminelles de la province d’avoir conspiré pour échafauder une poursuite malveillante qui a mené au dépôt d’une «fausse accusation» le 4 décembre 2020. La poursuite allègue que la GRC voulait ainsi détourner l’attention de ses erreurs.

L’accusation a été retirée en juillet après que Mme Banfield a suivi un processus de justice réparatrice.

Les allégations de la poursuite n’ont pas été vérifiées devant les tribunaux et les procureurs généraux fédéral et provinciaux – tous deux cités dans la poursuite – n’ont pas pu être joints dans l’immédiat pour commenter le dossier.

La poursuite allègue également que l’accusation portée contre Mme Banfield visait à donner l’impression que la GRC agissait, après la création en juillet 2020 de la commission d’enquête fédérale-provinciale sur la tuerie.

La GRC a alors engagé des poursuites qui ont causé à Mme Banfield «des pertes importantes pour lesquelles elle réclame des dommages-intérêts généraux et spéciaux», indique la poursuite. Le montant des dommages-intérêts réclamés n’est pas précisé.

De plus, Mme Banfield allègue que la GRC ne l’a pas informée de son droit à la présence d’un avocat lorsqu’elle a fourni des déclarations enregistrées aux policiers et leur a expliqué ses allées et venues dans la nuit du 19 avril 2020.

La poursuite indique aussi que l’accusation était illégale parce que la GRC et la Couronne n’ont pas reconnu que Mme Banfield avait subi des violences de son conjoint, mettant sa vie en danger tout au long de leur relation.

Trois accusés 

Mme Banfield, son frère et son beau-frère avaient été accusés d’avoir fourni au tueur des cartouches Remington de calibre .223 et des cartouches Smith et Wesson de calibre .40. Toutes les accusations ont été retirées par la Couronne après que les trois accusés ont participé à un programme de justice réparatrice.

L’enquête publique, qui a clôturé ses audiences publiques en septembre, a appris que le soir du 18 avril 2020, Gabriel Wortman a battu Mme Banfield et lui a tiré des coups de feu, avant qu’elle ne soit menottée et poussée à l’arrière d’une voiture qu’il avait modifiée pour ressembler exactement à une autopatrouille de la GRC.

Mme Banfield a réussi à s’échapper et à se cacher dans un boisé voisin de Portapique, avant de s’enfuir chez un voisin, où la police a été appelée, à l’aube.

Le tireur a abattu 13 personnes à Portapique avant de fuir ce patelin vers 22 h 45 le samedi soir. Après avoir passé la nuit près de Debert, il a tué le dimanche matin neuf autres personnes.  Après 13 heures de cavale sur plus de 100 km, il a été abattu par un policier de la GRC à une station-service au nord de Halifax.

Mme Banfield a été interrogée par des enquêteurs de la GRC les 19, 20 et 28 avril, mais on ne lui a jamais dit qu’elle pouvait être accompagnée d’un avocat, selon la poursuite.

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