La conjointe du tueur de la N.-É. ne veut pas être exécutrice testamentaire

HALIFAX — La conjointe de l’auteur de la tuerie en Nouvelle-Écosse renonce à être exécutrice testamentaire de sa succession.

La femme, que la police a qualifiée jusqu’ici de «conjointe de fait» de Gabriel Wortman, est la seule héritière de la succession du tueur, évaluée provisoirement à plus de 1,2 million $.

Dans un document déposé le 25 mai devant le tribunal pour homologation du testament, la femme souhaite toutefois renoncer à son statut d’exécutrice et elle demande que l’héritage soit administré par le curateur public.

Le denturologiste de 51 ans a assassiné 22 personnes et brûlé plusieurs résidences dans cinq localités de la Nouvelle-Écosse les 18 et 19 avril. La police a indiqué qu’il avait commencé sa tuerie après avoir agressé sa conjointe dans l’une de ses propriétés à Portapique, en Nouvelle-Écosse.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a déclaré que la femme avait réussi à s’échapper et à se réfugier dans les bois, où elle a passé toute la nuit. Selon la police, la femme est sortie de sa cachette le matin du dimanche 19 avril, est allée chez un voisin et a contacté la police pour l’informer que Wortman conduisait une réplique d’un véhicule de la GRC et possédait plusieurs armes à feu.

Wortman a finalement été tué par la police quelques heures plus tard dans une station-service d’Enfield, à une centaine de kilomètres de chez lui.

Le testament précise que le tueur possédait notamment six propriétés à Portapique et à Halifax, d’une valeur totale de 712 000 $, plus environ 500 000 $ en actifs divers. Wortman possédait par ailleurs deux cliniques de prothèses dentaires, à Dartmouth et Halifax; il a aussi légué toutes les actions des deux entreprises à sa conjointe de fait.

Le curateur public est responsable du paiement des dettes et des impôts impayés du défunt et est chargé de fournir dans les trois mois un inventaire complet des biens. La demande du 25 mai pour remettre les biens au curateur public a été approuvée le 11 juin par la Cour de la Nouvelle-Écosse, puisque «toutes les renonciations requises» avaient été déposées.

Certains membres des familles des victimes ont demandé aux tribunaux la permission d’intenter une action collective afin de poursuivre la succession en réparation de leurs pertes et souffrances. L’avocat Robert Pineo a estimé que leur réclamation dépasserait probablement de loin la valeur nette de la succession, mais constituerait «une forme de justice contre le tireur» et pourrait aider les victimes à obtenir plus d’informations sur ce qui s’est passé cette fin de semaine là.

Le testament de Wortman, rédigé sur quatre pages, est daté du 29 mars 2011. Il y précise que sa conjointe de fait, qu’il appelle sa «compagne/amie», devait avoir les pleins pouvoirs pour ses obsèques. Il ordonnait que son corps soit enveloppé «dans une couverture de la baie d’Hudson» et enterré dans une crypte en béton au cimetière de Portapique, sans service funéraire ni notice nécrologique.

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