La consommation de grains raffinés augmenterait le risque de maladie cardiovasculaire

MONTRÉAL — Une consommation élevée de grains raffinés, comme ceux qu’on trouve dans les croissants et le pain blanc, est associée à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires, d’accident vasculaire cérébral (AVC) et de décès, indique une gigantesque étude internationale à laquelle ont contribué des chercheurs de l’université Simon Fraser en Colombie-Britannique.

L’étude a associé plus de sept portions par jour de grains raffinés à une hausse de 27 % du risque de mort hâtive, de 33 % du risque de maladies cardiovasculaires et de 47 % du risque d’AVC.

Aucun effet néfaste sur la santé n’a été associé à la consommation de grains entiers ou de riz.

«C’est un sujet qui n’est pas très controversé, a réagi Benoît Lamarche, directeur scientifique du Centre NUTRISS de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l’Université Laval. Les grandes recommandations sur la planète disent qu’il faudrait consommer de façon préférentielle des grains entiers plutôt que des grains raffinés, et ça, c’est dans tous les guides alimentaires.»

L’étude PURE (Prospective Urban Rural Epidemiology) s’intéresse à l’alimentation de gens à travers le monde, que ce soit dans des pays pauvres, dans des pays en voie de développement ou dans des pays développés, dont le Canada. Elle regroupe quelque 140 000 personnes dans 21 pays.

Les grains ont été divisés en trois catégories: les grains raffinés, les grains entiers et le riz.

On retrouve dans les grains raffinés des aliments comme le pain blanc, les pâtes/nouilles, les céréales pour le petit-déjeuner, les craquelins et certains desserts. Les grains entiers comprennent la farine de grains entiers, les grains intacts ou les grains concassés.

Il est intéressant que le riz ait été placé dans une catégorie à part, ce qui a permis de constater qu’il ne semblait apparemment associé à aucune hausse du risque de maladies cardiovasculaires, a estimé M. Lamarche.

De plus, comme l’étude a été réalisée dans plusieurs pays, dont certains où la consommation de riz est très différente de celle du Canada, il a été possible d’étudier des cohortes peu homogènes.

«On a une diversité de participants dans l’étude, avec une mesure de l’alimentation quand même assez rigoureuse dans chacun des pays, a expliqué M. Lamarche. C’est rassurant de voir que ces associations-là tiennent la route à travers le monde.»

Ce genre d’étude ne permet toutefois pas de mesurer ce qui se produit quand les grains raffinés sont remplacés par des grains entiers.

Les chercheurs observent que le sujet en consomme plus ou moins que les autres, mais ceux qui en consomment «moins» les ont remplacés par autre chose dans leur alimentation, rappelle M. Lamarche.

«Si quelqu’un a remplacé du pain blanc par du pain brun, il y a un double effet potentiel, a-t-il dit. On enlève l’effet négatif du pain blanc et on ajoute à cela l’effet positif du pain brun.»

Il rappelle en terminant que, dans le domaine de l’alimentation, tout est une question d’équilibre entre les aliments qui semblent avoir un effet plus favorable pour la santé et les autres, puisque de petits effets peuvent au fil du temps s’additionner les uns aux autres pour créer un gros effet.

«Il ne faut pas regarder seulement le pain brun ou les pâtes brunes, mais l’ensemble de l’alimentation, a dit M. Lamarche. La saine alimentation, c’est l’addition de tous les petits effets pendant toute une vie. C’est la qualité globale de l’alimentation qui est le facteur clé. C’est un des facteurs de risque principaux des maladies chroniques.»

Les conclusions de cette étude ont été publiées par The British Medical Journal.

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