La COP15 oblige le report d’événements qui devaient se tenir au Palais des congrès

MONTRÉAL — La 15e Conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique – communément appelée COP15 – se prépare au Palais des congrès de Montréal, et sa tenue ne fait pas l’unanimité. Le sommet, qui se déroulera du 9 au 17 décembre, bouscule à la fois les rues du centre-ville et les événements qui devaient avoir lieu au Palais durant le mois de décembre.

Environ 3000 personnes sont attendues au cours de la première semaine du mois, et quelque 11 000 dignitaires et délégués seront ensuite accueillis entre le 7 et le 19 décembre. Selon le site internet de l’établissement, le taux d’inscription à la COP15 serait «sans précédent» dans l’histoire de la Conférence.

L’annonce de la tenue de la COP15 à Montréal, en juin dernier, a toutefois forcé l’annulation, le déplacement ou le report des activités qui devaient prendre place au Palais des congrès durant le mois de décembre, et ce, à seulement quelques mois de préavis.

C’est notamment le cas du 33e Congrès de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), qui devait se dérouler à cet endroit du 28 novembre au 1er décembre. Après avoir été avertie du changement «au cours de l’été», la FTQ s’est vue obligée de déplacer son événement au mois de janvier 2023, non pas sans une certaine frustration.

«Le congrès de la FTQ est tenu chaque trois ans, et donc ça faisait deux ans qu’on préparait cet événement-là. On a une entente depuis longtemps avec le Palais, et le congrès était prévu de s’y dérouler depuis six ans déjà», raconte Denis Bolduc, secrétaire général de la FTQ.

Il ajoute que la Fédération détenait un contrat rédigé avec le Palais des congrès de Montréal, mais qu’il ne contenait pas de clause de déplacement.

Frais supplémentaires

Pour M. Bolduc, ce revirement de situation engendre avant tout des problèmes de logistique complexes qui représentent «beaucoup de travail et de soucis» pour la FTQ, qui prévoit recevoir près de 1200 personnes lors de son congrès.

«Le problème, c’est que ce ne sont pas toutes les villes qui peuvent accueillir un événement de plus de 1000 personnes. À part Montréal, il n’y a que Québec qui est apte à nous recevoir, et on s’est rendu compte que c’était trop compliqué de tout déplacer là-bas», explique-t-il.

En plus des défis organisationnels, le secrétaire général craint que le report du congrès entraîne des «pertes de revenus». Les lettres de créance aux délégués, les engagements avec les complexes hôteliers et les envois postaux de documents, entre autres, engendreront tous des frais supplémentaires pour la FTQ.

«L’argent qu’on va normalement chercher avec le prix d’inscription risque aussi d’être diminué à cause du changement de date, parce que ce n’est pas tout le monde qui est disponible en janvier. Ça risque d’affecter notre taux de participation», déplore-t-il.

Malgré tout, Denis Bolduc soutient que la direction de la FTQ s’était montrée «compréhensive» face à cet imprévu, ajoutant que la COP15 est un événement «important».

«Il y a une vingtaine d’organisations et d’événements dont le déroulement des activités a aussi été perturbé, et donc on ne voulait pas être les seuls à ne pas coopérer, précise-t-il. […] On aurait pu refuser, mais on n’aurait pas été un bon citoyen corporatif.»

M. Bolduc espère cependant que cette collaboration sera réciproque et que les frais imprévus seront remboursés par le gouvernement fédéral à l’issue de la COP15.

Rejointe par courriel, la présidente-directrice générale du Palais des congrès de Montréal, Emmanuelle Legault, assure avoir offert tout le «soutien» et la «collaboration» nécessaires aux clients affectés par la tenue de la COP15.

«Nous les avons accompagnés pour trouver les meilleures dates de report selon leur calendrier, ou pour trouver des espaces adaptés chez nos partenaires le cas échéant, par exemple le Stade olympique pour le Salon des métiers d’art du Québec», soutient-elle.

Montréal, un «centre politique international»

Si la tenue de la COP15 dans la métropole montréalaise est contestée par certains, la direction du Palais des congrès estime que l’événement engendrera «des retombées positives pour la scène locale, culturelle et gastronomique de Montréal».

«En termes de retombées économiques, cela représenterait, selon les estimations actuelles, 84,5 millions de dollars et 28 000 nuitées d’hôtel, écrit Mme Legault. […] C’est non seulement le Palais, mais tout Montréal qui va rayonner pendant le mois de décembre.»

La présidente se dit d’ailleurs confiante quant à la capacité de l’établissement de mener à bien les activités de la COP15, soulignant que le Palais avait déjà accueilli des événements d’ampleur similaire par le passé.

Rappelons que la COP15, qui se tient tous les deux ans, avait débuté en automne 2021 à Kunming, en Chine, mais avait été déplacée à maintes reprises en raison d’une augmentation des cas de COVID-19 et de la résurgence de mesures sanitaires strictes à travers le pays.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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