La Corée du Nord confirme l’essai d’un nouveau missile guidé

SÉOUL, Corée, République de — La Corée du Nord a confirmé vendredi qu’elle avait testé un nouveau missile guidé alors que le président américain Joe Biden a mis en garde Pyongyang contre les conséquences que des essais de missiles pourraient avoir sur les relations entre les deux pays.

L’agence centrale de presse officielle nord-coréenne (KCNA) a déclaré que les deux «projectiles guidés tactiques de nouveau type» avaient atteint avec précision une cible au large de la côte est jeudi. 

KCNA affirme que les missiles ont parcouru une distance de 600 kilomètres, tandis que l’armée sud-coréenne parle plutôt de 450 kilomètres. Dans les deux cas, c’est plus que suffisant pour permettre au Nord de frapper n’importe quel coin de la Corée du Sud. 

Des photos sur le site Web du principal journal de la Corée du Nord, Rodong Sinmun, montraient un missile décollant d’un lanceur au milieu de flammes vives.

L’agence de presse nord-coréenne KCNA a cité le haut responsable Ri Pyong Chol, qui a supervisé l’essai, et a indiqué que le développement de la nouvelle arme «est d’une grande importance pour renforcer la puissance militaire du pays et dissuader toutes sortes de menaces militaires existant dans la péninsule coréenne.»

Des responsables japonais ont déclaré que les deux armes testées jeudi étaient des missiles balistiques, qui sont interdits par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Selon des responsables sud-coréens, la Corée du Nord a tiré deux autres missiles dimanche, mais il s’agissait probablement de missiles de croisière, qui ne sont pas interdits.

Les tirs d’essai ont été la première provocation majeure de la Corée du Nord depuis que Joe Biden est entré en fonction en janvier. Certains experts affirment que la Corée du Nord cherche à faire pression sur l’administration Biden pour renforcer son influence dans les négociations futures.

«Nous consultons nos alliés et partenaires», a déclaré Joe Biden lors d’une conférence de presse jeudi. «Et il y aura des réponses s’ils choisissent d’escalader. Nous répondrons en conséquence. Mais je suis également préparé à une forme de diplomatie, mais elle doit être conditionnée au résultat final de la dénucléarisation.»

Les États-Unis ont demandé une réunion du comité du Conseil de sécurité des Nations Unies chargé de surveiller les sanctions contre la Corée du Nord et elle aura lieu vendredi matin à huis clos. Le comité comprend des représentants des 15 nations au sein du conseil.

Le président sud-coréen Moon Jae-in, qui tente d’améliorer ses relations avec le Nord, y est allé d’une rare critique à l’endroit de Pyongyang vendredi.

«Je comprends très bien que notre population est très inquiète des tirs de missiles par la Corée du Nord hier, a-t-il dit. Le moment est venu pour la Corée du Sud, la Corée du Nord et les États-Unis de faire un effort pour relancer le dialogue. Un geste qui nuit à une ambiance propice aux discussions n’est pas du tout souhaitable.»

Les pourparlers entre les États-Unis et la Corée du Nord sur la réduction des ambitions nucléaires de Pyongyang sont dans l’impasse depuis environ deux ans en raison de différends sur les sanctions dirigées par les États-Unis contre le pays isolé. En janvier, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a déclaré qu’il élargirait son arsenal d’armes et renforcerait la capacité militaire de son pays pour faire face à ce qu’il a appelé l’hostilité américaine.

L’agence KCNA a déclaré que le poids de l’ogive de la nouvelle arme avait été amélioré à 2,5 tonnes. Cette ogive serait trois fois plus lourde que celles dont sont armés les autres missiles nord-coréens, selon un expert sud-coréen, et même les bunkers les plus solides ne pourraient y résister. Cela pourrait aussi vouloir dire que les missiles nord-coréens sont maintenant capables de transporter une ogive nucléaire tactique.

Des observateurs sud-coréens ont déclaré que l’arme était probablement une version nord-coréenne améliorée de l’Iskander de fabrication russe, un missile nucléaire à courte portée conçu pour voler à basse altitude et effectuer des ajustements de guidage en vol. Ils ont indiqué que ce missile avait de meilleures chances d’échapper aux systèmes de défense antimissile de la Corée du Sud.

– Par Hyung-Jin Kim, The Associated Press

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