La Cour d’appel de la C.-B. fait réévaluer l’extradition d’un Autochtone

VANCOUVER — La Cour d’appel de la Colombie-Britannique a ordonné le réexamen de l’extradition d’un homme issu des Premières Nations vers les États-Unis puisque la décision initiale du ministère fédéral de la Justice ne tenait pas compte des antécédents du gouvernement canadien à l’égard des familles autochtones.

Glenn Sheck, membre de la bande indienne Bonaparte en Colombie-Britannique, est accusé de blanchiment d’argent aux États-Unis. Son extradition a été autorisée par l’ex-ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, elle-même autochtone.

Dans une décision de deux contre un, le tribunal a tranché que la ministre n’avait pas tenu compte des facteurs très importants entourant la séparation de l’homme de ses quatre enfants et les antécédents du Canada en matière de séparation de familles autochtones.

S’exprimant au nom de la majorité, la juge Susan Griffin a écrit que si la ministre en avait tenu compte, elle aurait peut-être conclu qu’il est injuste d’extrader un homme qui ferait sans doute face à une peine de 27 ans de prison en sol américain, tandis qu’au Canada, sa sentence irait plutôt de 2 à 4 ans.

La dévastation des communautés autochtones a possiblement contribué au développement d’une certaine délinquance chez M. Scheck, a d’ailleurs suggéré le tribunal.

Aucun représentant du ministère de la Justice n’était disponible dans l’immédiat pour commenter la décision.

Les autorités américaines allèguent que M. Scheck était responsable de la collecte et de la livraison d’importantes sommes d’argent aux États-Unis, au Canada et en République dominicaine en lien avec le trafic de drogue.

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