La Cour d’appel déboute le meurtrier de La Loche, qui contestait sa peine

REGINA — Le plus haut tribunal de la Saskatchewan a rejeté l’appel du jeune homme qui avait tué quatre personnes et en avait blessé sept autres dans le petit village nordique de La Loche en 2016.

Le tireur avait presque 18 ans lorsqu’il a tué deux frères adolescents chez eux, puis un enseignant et une jeune monitrice à l’école du village.

Après avoir plaidé coupable aux accusations de meurtre au premier degré, de meurtre au deuxième degré et de tentatives de meurtre, il a été condamné à une peine pour adultes: la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

Or, l’accusé a fait appel de cette décision parce qu’il souhaitait écoper d’une peine pour jeunes contrevenants.

Dans un arrêt partagé (2-1), la Cour d’appel de la Saskatchewan a conclu que le tribunal de première instance n’avait pas commis d’erreur en estimant que la peine prévue pour les jeunes contrevenants n’aurait pas été suffisante dans les circonstances.

«La juge qui a rendu la sentence a tenu compte des autres facteurs, incluant l’absence d’antécédents criminels de l’accusé, son manque d’introspection sur les raisons pour lesquelles il a commis ses crimes, son manque d’introspection sur les conséquences de ses gestes sur les victimes à l’école, ses possibilités de traitement et de réhabilitation, son risque de récidive et si la durée de la supervision disponible sous une sentence pour jeune contrevenant serait suffisante», ont justifié les juges Jerome Tholl et Robert Richards dans leur décision rendue jeudi.

La juge dissidente, Georgina Jackson, aurait accueilli l’appel et rejeté la peine pour adulte. Elle aurait imposé la sentence maximale pour un jeune contrevenant, qui correspond aussi à 10 ans, mais de manière partagée entre six ans de prison ferme et quatre ans à purger dans la collectivité.

La juge Jackson souligné que la planification du crime ne démontrait aucun raisonnement stratégique ou analytique attribuable à une personne de maturité adulte. Elle a également retenu la preuve démontrant que son milieu et son passé font en sorte de réduire sa responsabilité et sa culpabilité morale.

«Il ne vivait pas comme un adulte — il vivait comme un enfant et un enfant beaucoup plus jeune que 17 ans. Il roulait à vélo, jouait à des jeux vidéos, manquait l’école», a écrit la juge.

«Il n’avait jamais commis de crime avant. Il était totalement dépendant des autres et vulnérable à l’influence des autres pour s’alimenter, se vêtir, se loger et consommer du cannabis», a-t-elle poursuivi.

«Finalement, en se basant sur la preuve des experts, ses limitations cognitives et sa santé mentale et émotive ont joué un rôle dans ses crimes.»

Au moment de l’audience en appel, au printemps dernier, l’avocat de la défense, Aaron Fox, a argué que son client était aux prises avec des problèmes cognitifs et de santé mentale qui nuisaient à son niveau de maturité et qui réduisaient sa part de responsabilité.

Il a été révélé en cour que le jeune homme avait un faible quotient intellectuel, qu’il souffrait d’un trouble du spectre de l’alcoolisation foetale et de dépression.

Au moment des crimes, le garçon reprenait sa 10e année scolaire pour la troisième fois.