La Cour d’appel ordonne un nouveau procès pour Adèle Sorella

MONTRÉAL — La Cour d’appel vient d’annuler les verdicts de culpabilité d’Adèle Sorella, reconnue coupable en 2013 du meurtre de ses deux filles, et ordonne la tenue d’un nouveau procès.

Des directives erronées données au jury par la juge Carol Cohen, de la Cour supérieure, justifient cette décision, estime la Cour d’appel dans son arrêt rendu lundi.

Les directives sur la notion de «doute raisonnable» et sur la question de l’état mental de l’accusée au moment où les fillettes ont été retrouvées mortes font partie des problèmes relevés par le juge Martin Vauclair, qui a rédigé la décision pour la Cour. Il estime que la juge Cohen, en insérant dans ses explications l’article du Code criminel sur la non-responsabilité criminelle pour cause de trouble mental — alors que cette défense n’était pas plaidée par Adèle Sorella— a brouillé inutilement les cartes.

«Elles (les directives) ne pouvaient faire autrement qu’engendrer la confusion. Cela constitue un autre motif d’ordonner un nouveau procès», est-il écrit dans le jugement. 

De plus, selon la Cour, l’utilisation inadéquate d’une vidéo montrant un interrogatoire policier de Mme Sorella après son arrestation était préjudiciable.

Au terme d’un long procès, le jury avait déterminé en 2013 qu’Adèle Sorella était coupable du meurtre prémédité de ses deux filles, Amanda, 9 ans, et Sabrina, 8 ans, retrouvées mortes dans la salle de jeu de leur résidence de Laval en mars 2009.

Aucune trace de violence n’avait été détectée sur les deux dépouilles et la cause de la mort n’a jamais été établie par les experts.

La Couronne soutenait qu’elles avaient été asphyxiées dans une chambre hyperbare. Adèle Sorella n’était pas à la maison lorsque les deux fillettes avaient été retrouvées par deux membres de la famille.

À l’époque, son mari, Giuseppe De Vito, était en fuite depuis l’opération Colisée qui avait décimé la mafia italienne de Montréal en 2006.