La Couronne n’ira pas en appel pour la peine de Michel Cadotte

MONTRÉAL — La Couronne annonce qu’elle n’ira pas en appel pour contester la peine imposée à Michel Cadotte, qui avait tué sa femme atteinte de la maladie d’Alzheimer en 2017.

Dans une brève déclaration transmise mardi, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a affirmé qu’il avait pris cette décision «à la suite d’un examen rigoureux».

Le mois dernier, Michel Cadotte avait été condamné à deux ans de prison moins un jour, à trois ans de probation et à 240 heures de travail communautaire.

La Couronne avait réclamé une peine de prison de huit ans, évoquant la vulnérabilité de la victime et la nature violente de sa mort. La défense avait recommandé une peine de prison entre six et douze mois, étant donné que l’homme disait avoir agi pour mettre fin aux souffrances de sa femme, Jocelyne Lizotte.

En février, un jury avait reconnu M. Cadotte coupable d’homicide involontaire coupable pour avoir étouffé sa femme, qui était atteinte d’un stade avancé d’Alzheimer.

Mme Lizotte, âgée de 60 ans, était hébergée dans un centre de soins de longue durée. Elle ne pouvait plus parler et prendre soin d’elle-même.

Un procès particulier

Lors du procès, on a appris que M. Cadotte avait tenté d’obtenir l’aide médicale à mourir pour sa femme un an plus tôt. Elle n’était toutefois pas admissible, puisqu’elle n’était pas considérée en fin de vie et qu’elle ne pouvait pas donner son consentement.

En rendant sa décision sur la peine, la juge Hélène Di Salvo était consciente que le cas de Michel Cadotte avait «soulevé des passions» dans l’opinion publique.

«En tant que citoyens, on ne peut qu’espérer que les cris d’alarme concernant les difficultés des aidants naturels, ainsi que la problématique du nombre grandissant de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer auront été entendus», avait-elle écrit.

La juge avait toutefois souligné que son rôle était de déterminer une peine juste pour M. Cadotte.

Michel Cadotte était clairement en amour avec Mme Lizotte, avait reconnu la juge Di Salvo, mais en lui enlevant la vie le 20 février 2017, «il a commis l’irréparable, il a causé la mort par suffocation de la femme qu’il aimait et contrairement à ce que d’aucun(s) pourrai(ent) penser, ceci ne fait pas de lui un héros».

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